Awasawa !

Hello ! Mboté !

En vrai, je ne savais pas quel titre donner à cet article. Ça va aller dans tous les sens, juste comme dans ma tête, je vous préviens. Accrochez-vous donc ! Rires.

Ceci est un partage d’expérience, ou pas. On dit de moi que j’ai une tendance activiste, mais que sais-je ! Dans tous les cas je vous souhaite de le découvrir dans ces quelques lignes qui vont suivre. (Haha, Je ne me sens pas).

Il était une histoire …

En 2018, j’ai travaillé sur des projets de Lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Petite je me suis toujours imaginée faire partie des équipes qui viennent dire aux gens des choses évidentes de leur vie dont ils ne font toujours pas comme il le faut. Bref.

J’aimais ce travail. Ce boulot me passionnait et j’étais ravie de me retrouver là. Par choix, je ne vais pas citer la structure et les projets.

Donc, en 2018, j’ai travaillé sur des projets de violences faites aux femmes et aux filles. Mon travail m’épuisait. Non seulement je devais être sur le terrain (langage associatif pour dire aller à la rencontre des personnes cibles du projet), identifier les victimes, discuter avec les partenaires et les parties prenantes, mais aussi mentalement par les histoires que les femmes (pas que, parfois les hommes aussi) me partageaient.

Parenthèse, grosse parenthèse.

Certaines personnes m’ont demandé si je travaillais pour un service de renseignements. Rires, service de renseignements au Congo ? Pourquoi faire ? Non. Ce n’est pas notre sujet ici. Oui, évidemment, j’avais à faire à des administrations publiques archaïques, où les procédures sont hyper lentes, la corruption à l’œil nu, avec mon âge personne ne me respectait. Je ne voulais pas retenir ces frustrations donc je me libérais avec 2 ou 3 tweets (Tension !).

Bon revenons-en aux faits !

Chaque histoire m’arrachait un peu de mon âme. Elles étaient terribles les unes comme les autres. Je me disais Wow, les gens vivent donc de telles horreurs, comment les gens peuvent-ils être aussi méchants. Mais c’est la réalité. Je ne voulais souvent pas faire des écoutes. Mais parfois j’étais très vite rattrapée. Souvent les jeunes filles voulaient me parler à moi. J’inspirais confiance peut-être, je ne sais pas.

Mon problème, j’avais la mauvaise habitude de porter personnellement ce dont on me confiait. Je n’allais pas bien, je m’inquiétais pour plusieurs personnes en même temps.

A Pointe-Noire, j’ai rencontré une ado de 16ans que le voisin a violé sans scrupule, parce qu’un soir, elle a eu le malheur de se retrouver seule avec lui dans la parcelle. Sur le coup, il s’était enfui. La police l’a rattrapé, et j’espère qu’il va croupir en prison pour le restant de ses jours. Oui, les violeurs sont des criminels. C’est une des victimes de viols les plus forte que je n’ai jamais rencontré. Elle a suivi sa thérapie avec le psychologue et depuis lors, elle est bien plus déterminée à sensibiliser ses amies à dénoncer le harcèlement sexuel, les attouchements, le viol.

Une autre de 12ans, 12ans, que le tonton du quartier de 27ans a enfermé chez lui durant une semaine. Je l’ai rencontrée hospitalisée à l’hôpital A. Cissé. Enfin un dernier cas, une fille que son père a transformé en un objet de satisfaction sexuelle, depuis ses 12ans.  A 17ans, elle a accouché un enfant de lui.

Plein d’histoires comme ça, qui se répètent les unes après les autres. Les gens pensent que lorsqu’on parle de violences, de viols, on veut faire du bruit ou diaboliser les hommes, ce sont des histoires à vous glacer le sang, il y a des victimes.

J’ai eu l’occasion de côtoyer plusieurs catégories qu’on traduit dans le langage des associations de ‘vulnérables’. Je n’en avais jamais autant appris de ma vie. Entre les professionnelles de sexe qui sont souvent  victimes de violences sexuelles, Oui, elles sont souvent attaquées et violées dans l’exercice et dans leurs lieux de travail.

Le jour où je me suis retrouvée au sein d’un groupe de parole avec une vingtaine de femmes séropositives, j’ai regardé scrupuleusement chacune d’elle afin de pouvoir détecter un élément commun au VIH. Eh bien figurez-vous, il n’y en a pas. Je suis stupide. J’ai jeté mes valises de stigmatisation. Leurs histoires vous grattent, vous suffoquent. Le VIH est une pathologie difficile à vivre. La maladie est avant tout mentale. Et toutes ces dames pour moi, ce sont des âmes intrépides.

Ma supérieure me faisait confiance. Elle savait que j’étais brillante, avisée et que je pouvais tout casser. Je la représentais souvent lors des réunions ou débats où je me disais moi-même que c’était vraiment pas mon niveau. Anyway, je suis fière de certains grands projets auxquels j’ai participé, comme la rédaction du rapport sur la situation des enfants victimes de violence au Congo pour l’OMS.

Dans une prochaine vie, je n’hésiterai vraiment pas à continuer la lutte. Pour le moment la fac nous appelle.

C’était moi, Fin.

Ps : Awasawa, c’est un des personnages fictifs dans ma tête. De ceux qui existent, il est le plus téméraire. Je ne vous en dirai pas plus, même moi, je ne le connais pas assez.

admin

6 réflexions sur « Awasawa ! »

  1. Très bel article ! 👏🏽👍🏽🤝🏽
    C’est un sujet très pertinent pour moi, parce que, selon mon petit sondage personnel, 8 femmes sur 10 que je connais, je dis bien 8/10 des femmes/filles que je connais ont déjà été victimes soit de viols, soit d’attouchements ou de harcèlement sexuels. C’est énorme ! Et la plupart ne dénonce pas leur bourreau.
    Là il s’agit des femmes qui arrivent à en parler. Imaginons celles qui gardent le silence…
    J’incite toujours les femmes a dénoncé leur bourreau, car dénoncer c’est prévenir d’autres éventuelles agressions

    1. Commentaire très pertinent ! Effectivemment je te rejoins. Je pense que les viols sont banalisés surtout dans une société patriarcale, c’est pourquoi les femmes ont tendance à ne pas dénoncer, tout commeles violences conjugales. Les histoires de viols sont terribles, et vraiment aucune femme ne mérite ça.

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