Ce que les femmes veulent !

Avertissement : Cette histoire est à prendre avec des pincettes ! Ça peut paraître cliché. Heureusement que ça ne se passe pas toujours comme ça dans la vraie vie.

À quelle source puise-t-on l’amour pour être sûr de ne pas virer au désamour ? Qu’est-ce qui nous rend dingue d’une personne ? Est-ce sa personnalité ? Son rire ? Ses yeux ? Ou encore le son de sa voix ?

Je porte ma sensibilité au monde, et mes questionnements. Révoltée par ce conditionnement au genre et au sexe, je suis à la quête de l’invisible et de l’inexistant qui semblent pourtant possibles. La société telle qu’on nous la présente ne satisfait pas forcément. Alors, pour mon bien-être, je veux rompre le cycle.

Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux, vous avez dit ? Dans la réalité, ça ne semble pas tellement évident. Oh ! Chère Ève, qui forgea les chaînes du sexe féminin, pour avoir séduit Adam de manger la pomme ! Ce lien archaïque entre la femme et le mal. Et qui condamnera la femme à l’état de coupable par qui la tentation fit son entrée.

J’ai une fois été très féministe dans une relation de couple. C’est assez drôle, parce qu’à cette période je ne connaissais pas grand-chose du féminisme. Sinon que le 08 Mars, c’était la journée de la femme. En bonne curieuse, j’ai cru comprendre que jusqu’au siècle dernier encore, les femmes n’avaient pas accès à certains droits au même titre que les hommes, par exemple le droit d’aller à l’école ou encore d’avoir un travail rémunéré. C’est chouette alors ! Tout ça semble être révolu. Et pourtant, cela me paraissait évident.

En effet, j’ai grandi dans environnement où je ne suis pas définie uniquement en tant que femme. Je suis femme, je suis enfant, je suis sœur, je suis amie et surtout je suis moi. Pleinement et entièrement. Considérée comme être de chair, de sang, et de raison. Pour ainsi dire que l’égalité femme-homme, la non aliénation des droits de la femme et la reconnaissance de sa place en tant qu’humain à part entière dans la société avec des droits inhérents, sont le fruit de l’éducation des êtres humains, femmes comme hommes.

Ensuite la vie peut faire son travail, à travers des expériences qui confortent les idéaux dans ce monde où parfois les rapports sont faits de confrontations. C’est souvent à ce prix-là, celui des confrontations au réel, que triomphent les idéaux. C’est ici que je m’en vais vous parler d’une de mes expériences. 

Je suis tombée sur le profil typique d’un jeune homme congolais que le patriarcat a inlassablement formé et forgé ; qui porte le sexisme et la misogynie comme l’on porte des vêtements. Il attend de moi et espère que je me regarde par l’intermédiaire de son regard, à travers lui.

Ça se déchaîne très vite. Nous ne sommes pas d’accord sur un nombre incalculable de choses. Sur presque tout, dirais-je. À ses yeux, je n’existe pas en tant qu’individualité. Je suis prise et considérée dans ce corps unique, souvent résumé par l’expression : la femme.

Je ne me laisse pas faire. C’est de la résistance naturelle, exigence de liberté chez une femme qui s’émancipe elle-même. Il se sent dès lors lésé par de petites choses. Par exemple, le fait que je mène des débats et que j’ai des arguments plus convaincants et plus virulents que les siens. Lors de nos discussions, malgré la pondération de mon ton, je suis chiante et bien décidée à l’emmerder. Je remarque sa mine de chien battu. Il suffit de peu pour qu’il me ramène à la condition de femme. L’intelligence de la femme n’est jamais pour elle-même. Une femme n’est intelligente que pour plaire à un homme.

Et surtout, la femme est censée être soumise. Le mot soumission est un mot que je n’apprécie pas. Cela suppose un lien de domination. Il existe un dominant à qui doit se soumettre un dominé. Se soumettre, c’est aussi épouser le raisonnement et les tares. Et ce que ne perçoit pas forcément le dominant, c’est qu’il s’enferme dans l’absence de remise en question et se condamnerait au repli une fois confronté à un monde qui lui contesterait à juste titre ce statut fantasmé.

Je suis autant opposée au contexte de domination, tout comme je ne suis pas très d’accord avec cette théorie de complémentarité. Qui complète qui ? Je ne viens pas pour être le complément dans la complémentarité. Je ne le réalise pas tout de suite. Mais je le vis. Je suis un individu à part entière. Et si lui a les couilles, j’ai les ovaires. Il me trouve trop téméraire et trop exigeante. Je ne reste jamais à ma place de « femme ». « Je comprends, que tu aies étudié, mais tu es une femme… » Ma foi, cette réflexion m’horripile ou plus haut point !

Il faut être soumise, bonne et belle, pour espérer être mariable : « Sois belle et tais-toi ! ». Quels efforts fournissent les hommes à leur tour ? En tout cas, ces efforts ne consistent pas à renier ce qu’ils sont, bien au contraire. Tenez, concernant les études supérieures d’ailleurs, les hommes peuvent décider d’aller aussi loin qu’ils le souhaitent sans que personne ne le leur reproche comme s’il s’agissait là d’une entorse à la norme établie. Pour eux, il peut même s’agir d’un prérequis de respectabilité dans la société. Ainsi donc, ce qui serait une carte d’accès aux honneurs pour l’homme, peut être un symbole d’anormalité pour la femme. A qui l’on peut, rappeler l’incompatibilité d’avec sa condition de femme astreinte à certaines obligations d’un parcours « naturel » voulu pour elle.

Dans ce type de situation que faut-il faire ? Se taire et s’en remettre à la grâce divine ? Ô Dieu qui transforme les cœurs, visite cet homme ! Je n’ai pas pour mission de changer les gens en les façonnant selon mes désirs. Je ne suis pas Dieu.

Je tiens en horreur ces personnes qui s’approprient d’autres personnes. Je ne veux pas me définir par rapport à une autre personne. Ce n’est pas un homme qui définit ce que je suis.

Et puis cette posture sur les études (« je comprends que tu aies étudié ») fait l’amalgame de deux notions. La maturité et l’intellect sont deux choses différentes. Avoir des diplômes n’est pas gage de réflexion éclairée. On peut bien être diplômé et être con.

Pour poursuivre sur l’aspect d’appropriation de l’autre, et sans vouloir saper l’histoire et la tradition, j’estime que la pratique de la dot aujourd’hui renvoie à cela, sous l’argument de la coutume et de la tradition. Au nom de quelle coutume ? Celle des années qui me sont étrangères ou celle d’aujourd’hui ? C’est s’enfermer dans une construction sociale mensongère. Les congolais constituent une société et une culture, mais tous les congolais ne se ressemblent pas.

Si les théories de développement personnel et tutti quanti ont autant de succès, c’est probablement parce qu’elles invitent les individus à se réaliser, distinctement à travers leurs ressources et compétences, parfois en dehors du cadre qui inféode à une communauté. Puisqu’elles invitent à être soi-même. Et le succès de cette offre tient également en ce qu’elle rencontre la demande des individus à vouloir être eux-mêmes. Mais en fait : être soi-même, n’est-ce pas un droit fondamental ? Condition sine qua non pour se réaliser sans se renier ?

Si vous voulez mon avis, la vérité c’est qu’on considère que le mariage révèle une femme à la société. C’est imposer au mariage une dimension au-delà des individus, alors qu’à la base il s’agit d’un choix libre et éclairé, celui de cheminer ensemble. Mais bon, comme personne n’est prête pour cette discussion.

Les expériences sexuelles me font également réaliser que le consentement ne relève pas seulement de l’instant. Il relève d’une situation précise et complexe. Les féministes ne sont pas des femmes épanouies sexuellement : Allez-vous faire foutre !

Dans le livre de l’amour, est-il écrit que la femme lavera les vêtements de son mari ? C’est donc ça l’amour ? Je plaide coupable : je ne sais donc pas aimer.

Petit rappel avant qu’on ne se quitte : N’oubliez pas qu’en amour, il est bon de faire ses expériences.

Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

13 réflexions sur « Ce que les femmes veulent ! »

    1. tout cas j’ai aimé le poste, plaidoirie retenu.

      Egalité n’est plus qu’un leitmotiv qui ne cesse de susciter de débats entre genres accompagné de marginalisation de la femme…

      La soumission dont il est question ici n’est pas comme bon nombre de personnes la consoivent. De plus, l’erreur de Tata Eve fait que les désir de la femme sois soumis à son mari. Bien que ces hommes pensent que la place de cette dernière soit La CUISINE…

      Suis de ceux qui croient en l’Egalité entre l’homme et la femme.

  1. J’ai lu cette article avec attention, teinté d’humour mais tellement profond.. Nous vivons dans une société qui attend beaucoup des femmes et ne demande rien des hommes

      1. 🤣🤣 tu a beaucoup provoquer dans ton article, ta dis des vérités genres oui tes testicules oui mes ovaires. Punchlines 🔥🔥🔥🔥

  2. Cher Benja, s’occuper de sa propre défense est fortement déconseillée. Je vous recommande donc de chercher un avocat. J’ai écouté ou lu votre plaidoyer avec attention, il en ressort certaîes de blessures de l’esprit, pourtant guérissables.
    Pourtant, je me sens obligé de vous juger coupable pour manque de savoir aimer involontaire. Je vous condamne donc à 99 ans de “tombée amoureuse” envers un homme sérieux et assez mature pour bien vous aimer et completer afin que vous le complétiez et ainsi sachiez l’aimer et pourquoi pas laver ses vêtements en passant, ça ne vous tuerait pas.
    Vous avez le droit de faire appel dans votre prochain article.

    La séance est levée.

    1. Hahahahaaaaaa ! Cher Dimitri, tu oublies que je suis avocate. Enfin naturellement. 😅 D’accord ! J’y reviendrai. (En passant, l’anecdote sur la lessive est une métaphore. Prenez pas au premier degré, s’il vous plaît). 😉

  3. Il m’a fallu 11 bonnes minutes pour savourer avec attachement chaque détail de ces différents paragraphes, j’avoue que le voisin avait chaud.

    Très épaté de la forme et du fond, de l’énergie reflétant une expérience sincère. La qualité de la vérité d’une éloquence dénonçante est sans appels dans chaque ligne. Bravo!

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