Cher 15 Août, te voilà encore !

Mboté Congo !
Cher 15 Août, te voilà encore. Cher 15 Août, tu es encore là. J’ai en tête ce film, lors de mon enfance, combien je manifestais la joie, quand je te savais proche. Quand je savais que tu étais là. A ce moment, nous nous rappelions que nous sommes Congolais, et

nous en étions fiers. Fiers de notre Congolité. Tout ce dont nous faisions pour commémorer l’indépendance, la liberté, la souveraineté, trouvait un sens. Chacun s’organisait à sa façon. Parce que chacun trouvait une énergie particulière pour cet évènement. Parce que chacun avait une motivation particulière. Parce que jusque là, nous étions fiers d’avoir exprimé, fort collectivement, notre droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, notre droit des peuples à l’auto-détermination. Et Parce qu’à ce moment, toi et nous, évoluons au même rythme.
Hélas, les choses ont changé.
Au fil du temps. Toutes ces activités n’ont plus rien représenté. 15 Août, depuis un moment, nous n’avons plus fait de toi, ce que tu devrais normalement être. Toutes ces grimaces, ne sont plus rien, ne signifient plus rien ; ce sont des fantaisies. Je nous regarde faire, et je ris. Nous crions sur tous les toîts : changement, emploi, développement. Mais en réalité, nous ne nous en donnons pas les moyens, nous ne fournissons aucun effort.
Le Congo avait plusieurs Entreprises publiques, que sont-elles devenues ? Maman me dit, qu’à l’époque où je ne suis née, il y’avait Impreco (usine de conception des pagnes). Les femmes congolaises étaient fières de mettre le pagne de chez elles. Aujourd’hui, même des allumettes, nous n’en fabriquons pas.
Aujourd’hui encore, tu nous demandes, ce que nous sommes devenus. J’ai honte de te dire. Toi tu as évolué, mais pas nous. Nous sommes tombés encore plus bas. Même à la période pré coloniale, l’histoire nous dit que les hommes noirs étaient des hommes forts, travailleurs, n’ayant que leurs outils archaïques. Mais nous, nous attendons toujours tout des autres. Nous recevons tout des autres. Nous sommes suffisamment dépendants.
Peut-être parce qu’on a été trop tolérant. Peut-être parce qu’on  en savait rien de l’esprit du travail. Je ne parle même du contrôle. Donnez la gestion d’une entreprise à un congolais, et revenez y  dans 6mois, la probabilité est plus grande qu’il pleuve en enfer que cette entreprise continuasse ses activités.
Cette devise proclamée, nous l’avons tué. Puisque la devise représente le subconscient d’un peuple, nous avons tué notre subconscient. Ne me parlez pas d’unité ici. Nous sommes restés à l’époque de l’Etat providence, Etat qui offre tous les services aux citoyens. Depuis la naissance jusqu’à la mort. Mais comment parler de progrès lorsqu’on ne travaille pas ?
Le 15 août, quand arrive ce jour, nous ne fêtons plus que les infrastructures. Oublions à peine qu’éduquer vaut mieux que construire des routes.
Oui 15 aout, nous t’avons pris ton essence, toute ton énergie, toute ta beauté.  Nous t’avons pris ta personnalité.
15 Août. Si seulement les pères des indépendances pouvaient ressortir de leurs tombes pour voir ce que nous avions fait de toi, ils se retourneraient vite dans leurs tombes avec des larmes plein les yeux pour avoir lutté en vain.

admin

6 réflexions sur « Cher 15 Août, te voilà encore ! »

  1. Tu dis vrai benja aujourdhui le 15 aout nest plus ce quik etait, lesprit de cette fete nationale a ete denaturalise.
    pour les congolais le 15 aout sai slmn la municipalisation, le defile, et enfin la soiree
    hors lors du deroulemn de la jrnee du 15 aout qui marque laccession de notre pays a lindependanc et a la souverainete nationale sai loccasion de passer en revue notre histoire. malheusmn chez nu lhistoire semble etre cachee et ceci aura ds incidences sur la memoire des generatiins a venir car coe le disant un esprit eclaire:<>.
    Svp les congolais doivent connaitre leur histoire lAbbe Fulbert Youlou mort en 1972 qui est notre pere de lindependance et sai lui qui a choisi expres cette date. meme un hommage ne lui est pas remis

    1. “Un peuple qui ignore son histoire est un peuple mort” dit Amadou Hampâté Bâ. C’est bien de se souvenir de notre histoire, c’est encore mieux si nous restons dans cet esprit. Nos pères ont lutté, à notre tour de reconnaître leurs efforts. Moi je pense que le 15 août c’est bilan, c’est un effort de changement.

  2. Je suis d’avis avec toi Merline. La fête nationale (15 août) n’est plus celle que nous attendions impatiemment. Cela fait 56 ans que nous sommes “indépendants” , quel bilan?
    “Mon beau pays le Congo ehhh” comme on le chantait avec enthousiasme au préscolaire. Ce Congo est-il toujours beau? Négatif. En lisant l’histoire de notre pays, nous remarquons que ceux d’antan étaient mieux que nous. Même si, en ce qui concerne la technologie ils étaient ils étaient moins avancés mais il y avait plusieurs entreprises qui n’existent plus “malgré la technologie avancée d’aujourd’hui”. C’est pitoyable.
    Au lendemain de l’indépendance, quelle avancée? Peut-on parler de développement? Le congolais ne fournit aucun effort, même un simple bouton ou bonbon n’est pas fait ici. On importe tout, nous fabriquons rien. Tellement oisif, on se repose sur nos lauriers “comme si l’on avait fourni d’efforts” c’est regrettable.
    L’indépendance c’est le fait pour un Etat de ne pas être soumis à un autre. Nous constatons le contraire c’est-à-dire nous dépendons des autres États. Il vrai qu’un seul doigt ne peut laver le visage, mais c’est insultant et pas responsable qu’un pays ne produise ou ne fabrique rien et ne vive qu’au dépens des autres. Imaginons qu’on bloque les frontières? Ce serait un désastre car on ne peut vivre sans l’aide des pays voisins.
    La devise qui est “unité travail progrès” n’exprime pas ce que nous “sommes” et “faisons”. Cela laisse à désirer car les pères de l’indépendance se sont battus bec et ongles en vain. Nous exprimons tant notre amour pour le travail qu’en s’y rend à 9h pour le quitter à 12h, ce qui est curieux c’est qu’on aime le repos. Or pour se reposer il faut d’abord travailler, donc on a droit au repos que lorsqu’on a travaillé. On clame que le travail ne doit pas s’arrêter mais en réalité il s’est arrêté car les efforts fournis par nos prédécesseurs n’ont pas été pris au sérieux et “on est arrivé là”
    Le développement ce n’est pas seulement les infrastructures. La municipalisation ne créée pas toujours des emplois, la construction des hôtels encore moins. A cet effet, Comment progresser? Sommes-nous vraiment indépendant? Serait-il préférable de rester “coloniser” pour atteindre une certaine maturité et arriver au développement? Nous devons être au pied du mur et refuser l’idée de nous rouler les pouces.

    1. Super. Merci Gloria
      Quel bilan ? J’insiste. Où en sommes nous ? Nous avons manifesté notre désir d’auto gouvernance,mais quelle gérance ? Aucun pays au monde n’est indépendant, dans ce monde de plus en plus globalisé, c’est l’effort de production. C’est lourd de tout importer. 56ans wooh, non c’est du blablabla

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