Confessions avec l’écriture

Écrire, c’est prendre la parole.

La vie c’est vraiment une suite d’événements. Pas toujours logique, mais les uns après les autres, se serrant les mains très fort, comme pour exprimer silencieusement et profondément un cheminement. Nos fragilités ne disparaissent pas, parce qu’on a grandi, si nous ne les avons pas affrontées. Nous les traînons derrière nous, avec notre passé et nos insuffisances. On grandit. On avance. On stagne. On recule. On s’accroche. Et on continue notre chemin.

J’ai longtemps tenu en réserve mon instinct littéraire. Déjà, je ne sais même pas si j’en ai. En vrai, j’ai une peur bleue pour l’écriture. Pourtant j’écris. Je fais des efforts, mais rien est encore gagné. Ne pas être à la hauteur. Dire des choses qui ne plaisent pas forcément. Et me demander finalement, pourquoi j’écris ?

J’étais nulle en rédaction au collège. Enfin, nulle parce que je n’avais pas les notes que je voulais. Je suivais à la lettre les conseils du professeur, mais rien n’était fait. Je ne rédigeais toujours pas assez bien. Décidément, je n’avais pas une très grande imagination. Si seulement, vous pouvez voir les scénarios qui défilent dans ma tête instantanément. Mais bon.

Au lycée, j’avais quand même une bonne culture en littérature. Mais j’évitais la dissertation alors nouvelle appellation. Je ne voulais plus avoir affaire avec elle. Étant en série littéraire, j’ai donc créé une intimité avec le commentaire composé. Je lisais des textes avec soin, déclamant oisivement des figures de style, que j’étalais sur ma copie les unes après les autres pour obtenir un certain 14.

La dissertation m’a encore rattrapée à l’université. À la différence, je devais mémoriser les articles du code civil, du code pénal, ou de la charte des Nations Unies. Rappeler une décision de la Cour constitutionnelle du Congo ou de la Cour internationale de justice, que je devais accoler des commentaires sur la base de ce que j’avais compris de mon cours. C’était moins dramatique. Cette peur m’a suivi jusque dans le milieu professionnel et lors de la rédaction de mon mémoire de Master.

La rédaction d’un mémoire ne consiste pas à un assemblage d’articles et de pensées d’auteurs. Plutôt à établir un raisonnement cohérent. Je n’étais pas très sûre de moi. Tout le long de la rédaction, des remises en cause épineuses. Cet épisode passé, j’ai été grandement surprise quand tous les membres du jury ont apprécié mon style d’écriture, qui avait été jugé simple et aiguisé.

Dans le milieu pro, quand j’ai commencé avec mon asso, j’étais chargée de com et donc il fallait rédiger des articles et gérer notre blog. Toujours pas très sûre de moi. Mon superviseur à l’époque ne m’a tellement pas aidé. Il me saoulait avec ses corrections à la con. Je savais aussi que je ne foutais vraiment pas de la merde. Je me débrouillais comme je pouvais, c’était déjà ça.

Honnêtement, ce n’est que maintenant que je le réalise, vous vous rendez compte. Il m’a fallu du temps, beaucoup. Dejà, pour que je le réalise, avant de me l’avouer. Maintenant je dois l’affronter.

Revenons à Congolites.

Parler de droit politique, ce n’était visiblement plus le moment idéal. C’est sur cette donne que j’avais créé le blog. On venait de passer les élections, bofff ça n’intéresserait plus personne. Il fallait changer de ligne éditoriale. Mais parler de quoi ? Et surtout comment en parler ? Je vacillais. Griffonant un paragraphe ici et là, m’en lasser et supprimer.

Je supprime ce blog ou pas ?

De toute façon, l’espace est gratuit sur WordPress, et je peux toujours vanter que je suis blogueuse, pour justifier ma capacité rédactionnelle.

Le déclic a été un commentaire sur le blog. Je partageais l’expérience d’un groupe de parole avec des femmes séropositives en célébration de la journée mondiale de lutte contre le Sida. J’aurais redirigé cet article en me consacrant uniquement sur le groupe de parole. J’ai jugé utile de partager certaines infos sur le thème que j’avais lu sur le site de l’OMS.

Ariel, me disait alors que mon article avait bien débuté pourtant, avant que je n’étale des infos comme une litanie que tout le monde pouvait retrouver sur n’importe quel site spécialisé. Merde ! Je suis chrétienne catholique, et je connais bien la signification du mot litanie. Lorsqu’on récite les litanies des saints à l’église, pas étonnant de voir des gens dormir debout. C’est long, monotone, fatiguant et ennuyant, sauf pour les prêtres. Le mot litanie m’avait choqué. Il fallait encore penser une réadaptation.

Prince m’a demandé si je voulais me joindre à l’équipe de rédaction de Niochi. J’ai été très hésitante. J’aime l’esprit de cette plateforme et je serai volontiers d’y contribuer. Mais je ne suis pas une machine à pondre des articles. Je ne suis pas tout le temps inspirée moi ! Le timing m’est encore plus insupportable. Je veux écrire quand je suis inspirée. Foutez-moi la paix ! J’ai tout de même dit oui. En acceptant ce challenge, j’ai envie de grandir. De relever le défis. D’écrire. Encore plus. Selon un timing, et ne pas avoir peur.

J’ai la mauvaise habitude du « plus tard ». La procrastination n’est pas seulement un défaut, c’est une maladie. Aujourd’hui, à travers l’écriture je me crée un monde. Mon propre monde. Et j’invite chaleureusement, ceux qui me lisent à m’y rejoindre. Aujourd’hui encore, l’écriture me permet de réaliser mes évolutions, et d’ouvrir la discussion avec d’autres personnes.

Pour moi, l’écriture est une thérapie. Écrire, c’est prendre la parole.

Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

9 réflexions sur « Confessions avec l’écriture »

  1. Ecrire c’est prendre la parole, surtout pour nous qui avons du mal à nous exprimer de vive voix.

  2. Tout simplement magnifique…
    S’exprimer avec son coeur par le biais des mots a toujours été pour moi la façon la plus saine de liberer son ame et d’etre simolement soi…
    En histoire d’écriture comme en histoire d’amour, le début, la rencontre est particulière…
    Je te souhaite de vivre intensément cet amour et que jamais tu ne manques d’inspiration pour perfectionner votre mariage…
    Avec sourire je t’ai lu et j’espère que la prochaine fois sera très vite…

    1. Ashley, tes mots sont toujours aussi doux, et représentent parfaitement la magnifique personne que tu es. Merci pour le don de soi aux autres, et de toujours avoir les mots qu’il faut, au moment où il le faut. Je t’aime.

  3. Écrire est une thérapie, un moyen d’exprimer notre sentiment, notre analyse. Ce que j’aime dans ta plume c’est la simplicité, c’est accessible à tous et c’est très bien! Le but est qu’on comprenne le message que tu veux faire passé et c’est parfaitement rempli. J’aime aussi le fait que tu t’ouvres vraiment, c’est attachant, j’ai l’impression de te connaitre et tu parais vivre les mêmes choses et faire fasse aux mêmes problématiques qu’une personne lambda.
    Continue ainsi😘

    1. Rolala, je rougis. Merci Anges. À toi aussi d’être la personne que tu es. On discute depuis quelques années sur les réseaux sociaux, et en fait sans s’être rencontrées, tu es une amie. ❤️

  4. Bonjour.
    Magnifique comme texte, je ne saurais dire plus.
    Par contre, en toute humilité, je voudrais faire comme une analyse et dire ma préférence.
    Je distingue deux femmes : Congolites et Niochi. Je comprends bien qu’il y a une troisième femme : Benja, qui est le lien entre les deux premières.
    Congolites a une “écriture libre” avec des textes fluides, agréables à l’esprit et à l’intellect.
    Sur Niochi, je soupçonne un soucis de professionalisme ou plutôt le besoin d’être dans les cordes, d’écrire dans mes règles de l’Art. Les pensées sont réfléchies, les mots recherchés …
    Pour ma part, en toute humilité je reprécise, les textes de Congolites sont plus délicieux, la lecture plus agréable ; ce qui n’enlève pas la qualité et le soucis de documentation que je retrouve sur Niochi.com …
    La preuve que l’homme (la femme) a plusieurs facettes …
    En tout cas bravo pour la détermination …

    1. Davy Albin, ton commentaire me fait plaisir, et sourire en même temps. Merci. Miss Congolites est bien différente de miss « Niochi », haha ! Et c’est chouette que tu préfères Congolites. Dans tous les cas, ça reste moi. Rires.

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