Je suis au féminin. Partie 1.

Quis suis-je, moi ? Ce texte est une fiction. Ou pas.

Hier à 23 heures, mon frère m’annonce qu’il souhaite discuter avec moi. Discuter ? De quoi à cette heure qui ne peut pas attendre demain ? Oui, vas-y. Je t’écoute.

« Tu fréquentes quelqu’un ? » Je réponds : « Non. Je n’ai personne ». Cette réponse est venue aussi naturellement que je répondrais si on me demandait si j’avais mangé ou pas de la journée. Si j’avais sommeil ou pas à cette heure là. « Tu fréquentes quelqu’un ? » Non !

Mais en réalité, est-ce vrai que je ne fréquente personne ? Il se fait tard, et dormir est un bonheur. Je ne me priverai pas d’un sommeil pour répondre à cette question. Pourtant elle ne m’a pas gênée à première vue. Pourquoi me demande t-il cela ? Suis-je assez vieille maintenant ? Ma situation paraît-elle gênante ? Pfff, j’ai toute la vie devant moi.

Je sais. Cette phrase ne me convainc de rien. Je ne vais pas me mentir à moi-même. Ça ne veut rien dire « j’ai toute la vie devant moi ». La vie n’est pas une possession. Elle ne nous appartient en rien. Le destin est un démon. Les démons sont cruels, nous dit-on. Je trouve le destin cruel. Il ne donne aucun indice de ce que sera demain, même si l’on songe à le préparer depuis des années.

C’est vrai que les banquiers nous diront bien évidemment, qu’épargner pour son enfant permet de garantir son futur, en quelque sorte. Je sais. Mais je pense qu’épargnez de l’argent, n’épargne pas de la galère de la vie. Cette vie, c’est une galère. Je croyais qu’en grandissant, la vie serait moins dure avec moi. Puisque que je me suis toujours comportée en bonne enfant. J’avais de belles notes à l’école. J’étais disponible à la maison, et étais une bonne aide pour ma mère. J’étais polie envers les tantes, même envers celles qui trouvaient toujours le moyen de m’offenser d’une quelconque manière en rappelant une méconduite. Ou encore celles qui me regardaient on dirait que leurs yeux étaient des scanners, afin de pouvoir déterminer si je ne connaissais déjà les hommes ou pas.

Les tantes, je ne les aime pas. Enfin, dis comme ça c’est un peu bizarre. Je ne sais pas si le statut de tante confère aussi le mauvais cœur, franchement, ça m’étonne. Pourrir autant la vie aux gens, c’est juste pas possible. Comme si vos vies ne vous occupaient pas déjà assez.

Je suis une belle personne assurément, et la vie devrait me récompenser à la hauteur de ce que je donne de moi. Tout le bien que je fais, et tout l’amour et la belle ambiance que je répand autour de moi, la vie devrait me le rendre en me facilitant les choses, bon sang !

Il est 2 heures. 2 heures est doux. Je suis insomniaque comme hier, ou encore avant hier. En réalité, je n’ai aucun souci. Rien ne m’angoisse en particulier. Mais pourquoi je ne dors pas ? Est-ce la question de mon frère qui vient bouleverser mon sommeil ? Pourtant hier et avant-hier, je n’arrivais pas non plus à dormir.

Il y a quelque chose qui cloche, mais je ne sais pas quoi. Serai-je entrain de changer mes habitudes de sommeil. C’est une potentialité. J’aime la vie, et ce qu’elle m’offre. Dieu ne donne rien à moitié.

Si mon frère tenait à tout pris à me parler aussi tard, c’est parce que ces choses doivent s’affronter la nuit. Au réveil, on ne se souviendra pas de ce qu’on a dit la veille. C’est un autre jour, passons à autre chose.

Je dors comme un gros bébé. Le lendemain, encore mon frère : ça va ? Dis-moi si ce n’est indiscret, pourquoi tu ne fréquentes personne ? Holà ! Cette histoire commence à me saouler. C’est quoi cette question ? Elle indiscrète. Je n’y répondrai pas. En réalité, je ne peux pas le lui dire ouvertement. J’y échappe alors en disant Laisse-moi le temps d’y réfléchir. Parce qu’honnêtement, je ne sais pas moi-même.

J’aurais répondu avec franchise à mon frère : qu’aucun prétendant ne m’intéresse. Cette génération est compliquée, et je ne veux pas m’engager pour le plaisir. Le piège lorsqu’on analyse une situation individuelle à l’aune des généralités, c’est qu’on se jette dans une marrée pour se plaire de ses manquements. Toi seule, tu n’es pas une génération.

Je suis à un stade où ma vie ne tourne pas comme je le souhaite. Elle ne prend pas la bonne direction, et j’ai le sentiment d’être là spectatrice. Affaiblie et désarmée. Je cri mon désarroi. Me vient alors la question à laquelle je dois répondre si je veux me retrouver et retrouver mon chemin : qui suis-je, moi ?

Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

14 réflexions sur « Je suis au féminin. Partie 1. »

  1. La mienne 💜, ma blogueuse préférée 🌹… Que j’aime te lire, je suis d’accord avec toi quand tu dis que le destin(la vie) te doit de belles choses, rien que pour ce que tu es et pour ce que tu donnes à ceux qui te côtoient… Et même si aujourd’hui tu te sens perdue, au fond de toi tu sais qui tu es et c’est ce qui fait ta particularité 😘…

    1. Izyyyyyyyy ! Comme ça je suis ta bogueuse préférée, mais quel honneur. J’ai trop percé. En passant, j’ai dit que c’était une fiction. C’est fou comment je ne peux me cacher nulle part, ce texte on dirait moi alors que ce n’est pas moi. Rires. C’est toujours un plaisir de te lire par ici. On se retrouve pour la suite, bisouuuuuuuuuu

  2. Fiction ou pas, la question « pourquoi tu ne fréquente personne » devrait être mise dans le
    Lot des questions existentielles 😂😂 elle n’a l’air de rien comme ça, sur le coup,mais en fait c’est une vrai question. En dessous y a plusieurs questions qui elles sont d’une importance capitale. Tu vois ce que je veux dire?

    Tes fictions font un peu trop réfléchir Benja please. 👩🏾‍🦯 bref…

    Shout out au « Toi seul, tu n’es pas une génération » bien placé. C’est une pépite.

    1. Aie ! Yvy, ce sera une tuerie si tu te mets à l’écriture. Ton commentaire me fait réaliser en fait, j’apprend au delà de ce que j’offre. Je ne te remercierai jamais assez de toujours trainer par ici. Merci. (hashtag Cœur)

  3. Si tu te pose la question, et beh c’est que tu es en voie de trouver ton chemin😇 soit celle que tu veux être Benja l’authentique ❤️

  4. Une question qui fais pensée à beaucoup de Meaux, j’ai apprécié apprécié ta position vue l’ampleur de la questions, mais le moment viendra ou tu sera qui tu es vraiment…

    Excellent week-end benja

  5. C’est super bien que le destin ne nous donne aucun indice sur notre futur. Sinon quel enthousiasme aurait-on à vivre une vie dont on sait ce qui peut arriver ?
    La vie est tellement belle avec ses surprises 🙃

  6. Tu es une philosophe qui n’a pas encore fait son coming out voilà qui tu es 😅, J’aime ton écriture (comme d’hab)

    un labyrinthe : On passe des questions que la société peut poser sur la femme ”célibataire ” à l’angoisse du lendemain en passant par le paradoxe que peut être ”la vie” car la vie ne nous donne pas toujours ce que l’on mérite….🤔
    Ce qui est sûr, je crois qu’on récolte toujours ce que l’on sème (c’est juste une question de temps).

    Je voulais me perdre dans ce labyrinthe de sentiments qui tantôt émet des critiques à la vie «le destin est un démon » tantôt lui déclare sa flamme « J’aime la vie, et ce qu’elle m’offre.» jusqu’à ce que je me rende compte qu’il tu as mis des panneaux de signalisation dans ce labyrinthe qui nous aide à pas nous y perdre. Et le premier panneau c’est: « Je suis au féminin ».
    En lisant ce panneau, j’ai compris alors que ce labyrinthe ressemble au cœur d’une femme d’une vingtaine d’années, qui dans ses rêves de jeune fille sans doute se disait qu’elle serait mariée à cet âge, qu’elle aurait ceci ou cela.
    Mais aujourd’hui cela n’est pas tout à fait le cas, le prince charmant n’est pas là…
    Et celui qui est là, elle ne sait pas si c’est par amour ou par défaut (voilà pourquoi la réponse à la question de ton frère :«Tu fréquentes quelqu’un ?» n’est pas si évidente que ça )

    Hum.. : « Qui suis-je moi?»
    Tu es une femme avec tes forces et tes faiblesses, oui tu n’es pas parfaite (comme nous tous d’ailleurs) mais tu es une femme intelligente, sensible, vraie dans tes relations. Une blogueuse unique, tu fais naître des sentiments dans nos cœurs, tu nous fais voyager dans ton univers qui paraît parfois si loin mais pourtant si près. Car quiconque te lis profondément, découvre en réalité que tu es la sœur qu’il aurait voulu voir, l’amie avec laquelle il aimerait partager un schawarma , une confidente fidèle, une …. na lembi 😅

    Sois toi même (sans pression) car c’est ce que tu fais le mieux… vivons aujourd’hui. Pour le lendemain, il prendra soin de lui même.

    Je ne sais plus si c’est un commentaire que j’ai fais ou je me suis essayé à la psychanalyse.😂😂 na sengi bolibissi🤦🏾 Dans tous les cas ce texte est une fiction ou pas…😏

    1. Ariel, je ne dirai rien. Tu sais tout. Le blogging me fait énormément du bien, et tu sais combien tu y contribues.

      J’aime ta compréhension de ce que j’écris. N’arrête pas de me lire. Sinon, je meurs. 😂💜

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