Je suis au féminin. Partie 2.

Cette histoire est à consommer avec modération. Chaque élément est à prendre avec des pincettes. Ceci est une fiction. Ou pas !

J’ai toujours considéré que je ne possédais personne. La seule personne que je possède c’est moi. Moi et encore moi. Je peux décider de changer. Je peux décider de partir ou de rester. Je peux décider de lâcher prise ou de foncer. Je peux vouloir arranger les choses ou admettre que ce qui est fait, est fait. Je peux décider d’abandonner. Dans la vie, il n’y a que très rarement d’exactitudes. Chaque situation est vue en fonction des subtilités, de la sensibilité et des subjectivités de chacun. Je suis trop dans les détails. J’aime les détails.

La première fois que j’ai été trahi en amour, je ne savais même pas que c’était une trahison. J’étais innocente et naïve. Sur Facebook, je vois les photos du gars, il s’est marié. Quoi ? Je suis bouleversée. J’ai mal. Je veux pleurer, puis je me rappelle que rien ne justifie que je verse une seule larme. Ce n’était pas moins évident. Je me dis à moi-même : Tu n’étais ni la titulaire, ni la petite. Tu étais seulement là. On savait que tu étais là, que tu t’appelais toi ! Tu as accepté cette situation. Tu ne peux que t’en prendre à toi-même.

J’écris pour demander des explications ? Enfin, je dois au moins dire quelque chose : Tu n’en as aucune légitimité. Ne peut réclamer une chaise, que celui qui connaît sa place. Et arrête de vouloir te rabaisser, ça ne changera rien au fait qu’il soit marié. Ça bouillonne en moi. J’arrête de réfléchir. Je sors rencontrer des amies pour me changer les idées. Je veux fuir cette réalité, puisqu’au final, j’ai une vie à vivre. Ce n’est pas bien grave. Je suis jeune et belle. Et puis de toute façon, je ne veux pas déjà me marier ! J’aime ma liberté. J’ai encore mille choses à découvrir et mille vies à vivre, donc basta ! Je puise ces mots, au plus profond de moi, comme pour soulager la douleur que je ressens.

Je ne peux pas rester aussi muette comme si je n’existais pas. C’est décidé, j’écris. Après mille tergiversations : « Salut, tu t’es marié ? »

Réponse : « Salut, oui mais c’est seulement pour la forme ». Aïe ! Men are trash ! Je réponds après avoir respiré profondément : « D’accord ». Fin de la conversation. Et voilà comment je compris que je n’avais pas de chance en amour. J’ai chialé comme une madeleine !

La vie est une amie plus franche que tendre. Je vivais cet épisode qui me faisait transporter brutalement dans les réalités du fait de grandir. J’entrais en guerre contre l’âge adulte qui me frappa de plein fouet. C’est comme lorsque tu rentres dans une cour commune congolaise sans saluer personne. Prie mille fois Dieu pour que la personne que tu es venue voir ne soit pas absente. Au cas où tu viens demander aux personnes dans la cour si effectivement cette personne n’est pas là, après avoir frappé à la porte, on te dira de demander à la porte. Dans l’autre cas tu retournes en silence comme tu es venu, on s’étonnera de ton manque d’éducation et que de toutes les façons c’est bien fait pour toi que la personne ou la famille que tu es venue voir, ne soit pas là. Dans tous les cas, tu auras vécu une scène de honte. Donc, régle n1 : toujours s’arrêter et saluer les gens lorsque tu rentres dans une cour commune congolaise.

J’enviais le temps de mon innocence et ma naïveté, que cet épisode avait cruellement arraché. J’étais bien loin de tout ceci. J’ai fait une pose. Ensuite, j’ai voulu continuer ma route. De toute façon, je suis jeune et belle.

Je ne sais pas si j’aimais ce mec, tout comme je ne sais pas si lui, il m’aimait. Honnêtement, j’aimais le personnage qu’il incarnait. Il était bien drôle et cultivé, en plus il était le type de congolais dont je peux facilement tomber amoureuse. Je comprends alors maintenant pourquoi je ne me suis pas sentie légitime pour réclamer des explications, des excuses, ou autres choses. Ne peut réclamer une chaise, que celui qui connaît sa place.

Notre rencontre a été mémorable. Comment ses yeux ont pu me dénicher au milieu de toute cette foule. C’était à une cérémonie, il y avait du monde. J’attendais des amies. J’étais concentrée, les yeux fixés sur mon téléphone pour faire passer le temps. Il m’a taquinée sur la coiffure que je portais. J’ai souri. Il a lancé une autre blague, je m’abstenais de rire : « Ah Non non, je ne le connais pas ». Blague après blague, j’ai éclaté de rire. Nous discutions alors comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Tiens, passe-moi ton numéro. Je le fais volontiers. Puis pour me débarrasser de lui avant que mes amies ne nous rejoignent et digérer ce petit moment de plaisir qu’il venait de m’offrir, je lui dis d’une manière pressante : « on s’appelle ». Il me répond alors : « non non, tu ne vas pas te débarrasser de moi aussi facilement, j’attends que tes amies arrivent ». Je souris, encore.

Les hommes ont une attention qui peut te faire perdre tes moyens. Je suis une maniaque. Et rien que ce type de détails peut me rendre délicatement amoureuse. Comment après une aussi belle première rencontre, rien ait fonctionné comme je l’aurais souhaité ? La vie, à cette époque là, n’a pas pris le cours idéal des choses. Après quelques temps, on se rencontrait très moins souvent, personne de nous deux ne savait réellement qui nous étions l’un pour l’autre. Alors de quel droit, je lui reprocherai de s’être marié ? Ce n’était pas moins évident. Ne peut réclamer une chaise, que celui qui connaît sa place.

Les gens croient naturellement que le meilleur nous attend devant. C’est un leurre. La dernière fois en parlant avec une amie, elle me disait que je prends un peu trop à cœur le fait d’être seule et que de toute façon, il est évident que je rencontrerai quelqu’un de bien. Je n’en doute pas. Cependant : « Et si tout ceci n’arrivait pas ? » Penser que le futur serait meilleur alors qu’on ne travaille pas à le préparer, est d’un irréalisme et d’une incohérence. C’est un peu comme se retrouver dans la situation de l’Afrique. Malgré les prédictions, nous sommes en 2021, et l’Afrique est toujours un continent pauvre. Au Congo, on a toujours pas l’eau et le courant, ne parlons même pas d’internet. Durant la présidentielle de 2021, les gens s’aligneront sous les soleils accablants pour espérer un t-shirt comme s’ils manquaient de vêtements, et une somme de 2000 fcfa, comme récompense au militantisme.

J’aime deux types de mecs. Les hommes sont tous aussi différents que les femmes. Je le dis sans forcément le croire. Men are trash ! Bien, il faut aussi accorder de l’espace aux hommes. Avec tous ces mouvements féministes, certains se sentent discriminés, menacés ou fragilisés. Hé Ho, le monde ! Les hommes ne savent plus qui ils sont. Donc ils détestent le féminisme, pire encore les féministes ! Rires.

Deux catégories d’hommes m’intéressent particulièrement : ceux qui sont à mes yeux une énigme et ceux qui sont profondément humains. Ceux qui cherchent à m’impressionner, peuvent dorénavant arrêter de perdre leur temps.

J’aime les énigmes. On ne progresse très souvent qu’au contact de ce qui nous résiste. La deuxième catégorie, c’est-à-dire ceux qui sont profondément humains, sont mes préférés. Ces personnes me fascinent, d’ailleurs qu’elles soient femmes ou hommes, ou encore autres genres. Je me demande toujours comment une personne peut-elle être aussi profondément humaine dans un monde de cruauté exacerbée ?

Question existentielle : qui suis-je, moi ?

Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

6 réflexions sur « Je suis au féminin. Partie 2. »

  1. Quand tu disais “je suis au féminin aurait très pu être un roman “ je n’en étais pas totalement convaincue…mais ce billet viens définitivement de fixer mes incertitudes. Ta plume évolue merveilleusement bien Benja.

    T’es sûr que c’est une fiction? Tu m’a donné envie de connaître un peu plus cette jeune femme. Elle est quand même incroyablement réaliste. Ou un peu trop pessimiste. Enfin tout dépend du point de vue.
    💌

  2. “La vie est une amie plus franche que tendre.” C’est la phrase que j’ai retenu. Je suis ému de cette lecture j’ai l’impression de lire ”demain j’aurai 20 ans” de Alain Backankou.
    Ces détails d’un sentiment à la fois pénible et accoutumée m’a fasciné. Bref c’est très bien écrit.

  3. Cet article à l’air d’une réalité, sans mentir j’ai crû qu’il s’agissait de moi là 🥺 lol, tes écrits sont très profond.
    * je suis jeûne et Belle, j’ai toute la vie devant moi*, mais le temps arrive souvent à nous échapper faudrait bien équilibré nôtre vie ce que j’ai compris derrière ces propos.
    *ne demande une chaise que Celui qui a une place*, je m’en servirai toute ma vie avant de chialer devant n’importe quel situation, it’s perfect 😍

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