Je suis au féminin. Partie 3.

De quoi sont faites nos identités ? Je ne sais exactement pas. Elles sont variées à l’infini. Elles existent. On les ressent. On les recherche. On les prévaut. Je ne sais pas me définir. Je suis perdue quand on me demande de parler de moi. En vrai, je ne sais pas quoi dire. C’est si dur de s’analyser.

Mon professeur est hostile au concept d’individualisme et tout ce qu’il traîne derrière lui. Pour lui, l’individualisme est un encouragement à l’égoïsme. Il le répète assez souvent : « Dans une société individuelle, le risque est que c’est la vérité de chacun qui prime. On considère comme vrai, que ce que l’on connaît ou ce que l’on croit. Le reste ne compte pas ».

Cette opinion n’est qu’un pan. Elle n’englobe pas toutes les déclinaisons de cette notion. Je vous vois venir. Calmez vos pulsions. Rires.

Une communauté n’est rien sans les individualités qui la composent. D’ailleurs, elle n’existerait même pas. La collectivité ne se conçoit que pour l’individu. Pendant longtemps dans cette société, on nous a interdit d’exister par nous-mêmes. En tant que personne, en tant qu’individualité. L’individu n’existe que par rapport au groupe auquel il appartient. C’est moins frappant et aussi difficile de le remarquer de nos jours, peut-être, mais cette réalité a beaucoup influencé notre vision de la vie et des choses. C’est ça la coutume. Tout le monde fait les choses exactement de la même façon. C’est un conditionnement, et il n’y a rien de plus exaspérant.

Par exemple, on parle en Afrique des droits des peuples, parce que la communauté domine sur l’individu. Et pourtant, lorsqu’on respecte les droits d’un groupe d’individus ou d’une communauté, ce sont les personnes individuellement qui forment ce groupe qui en bénéficient. Vous l’aurez bien compris, la communauté ne tue « presque » jamais les individualités. Au contraire, ce sont des destins individualistes s’agrégeant, qui peuvent œuvrer pour le changement du destin collectif. C’était la minute Droit. Rires. Je divague un peu trop. Revenons donc à notre sujet.

Sommes-nous définissables ? L’identité est une réalité. Elle évolue. On se construit peu à peu. On se déconstruit et se reconstruit au gré des expériences, des événements et des réalités. Les choses ne sont toujours pas aussi simples.

Notre nature profonde relève des paradoxes. Nous embrassons plusieurs paradoxes ! Un des derniers challenges en vogue sur Facebook le justifie assez bien. J’en veux sérieusement à celui qui a osé dire : « Je reviens bientôt, ça fait 2000 ans qu’on attend », ou quelque chose comme ça ! Rires. Ce challenge a démontré que nous ne faisons toujours pas ce que nous disons, dans la majorité des cas. Ça fait 2021 ans que l’on attend que Jésus fasse ce qu’il a dit. Au-delà du paradoxe, c’est accepter la dualité de la vie et des choses.

Seule l’histoire est vraie. On sait ce qui s’est passé, parfois truquée, mais elle se prête à notre compréhension, en quelque sorte. Le futur reste imprévisible, souvent il se déjoue de tout déterminisme historique. « Premier de la classe ne signifie pas premier dans la vie », quelle claque ! En réalité, ce n’est pas parce que tu étais brillant à l’école que la vie te facilitera forcément les choses, tu dois continuer à faire des efforts, évoluer et te réadapter. C’est ça la vie.

Parfois on colle des étiquettes à nos amis derrière leur dos, et quand ils sont là tout va bien. Tu peux dire du mal de quelqu’un sans toutefois la détester. Il peut juste arriver qu’un trait de son caractère ne te plaise pas.

Je n’ai aucun désir d’imprimer ma marque. Je suis moulée par la société de mon temps, et cela ne me dérange aucunement. Seulement, je ne veux pas que cette société m’enferme dans une sorte de bulle. J’étouffe assez vite. Je cultive amoureusement cette idée de réalisation et de rencontre de soi. Je mets des efforts à comprendre et éclairer mon cheminement vers la rencontre de qui je suis, afin de m’accorder des chances d’épanouissement personnel. Si la vie suppose la diversité, je m’accorde le droit de devenir moi-même. Au final, ai-je trop divagué ? Peut-être, ou peut-être pas. À l’indétrônable question qui suis-je ? Je répondrai : « je ne sais pas ». Laissons ce point en délibéré. Pour l’heure, tout ce que je sais, c’est que « Je suis au féminin ».

Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

2 réflexions sur « Je suis au féminin. Partie 3. »

  1. L’ esprit de ce billet colle assez bien avec le billet précédent ( Bol d’air). Le sentiment d’être sois et cela sans contrainte pour se trouver voire se retrouver…
    Cependant, j’ai pas très bien compris ce paragraphe : ” Je reviens bientôt, ça fait 2000 ans qu’on attend.(…)Ce challenge a démontré que nous ne faisons toujours pas ce que nous disons, dans la majorité des cas. Ça fait 2021 ans que l’on attend que Jésus fasse ce qu’il a dit.”
    Sans vouloir verser dans un discours théologique, la promesse du Christ à bien une date d’expiration et cela ne dépendra du fait que nous soyons vivants ou pas à son avènement mais plutôt à la qualité de notre vie. Aussi ceux qui savent lire les signes des temps sauront discerner ce jour. Mais ce temps viendra comme un voleur sans prévenir pour ceux qui auront crû que c’était une promesse vide.

    Pour revenir à ton billet et en faisant une lecture croisée sur nombre de tes autres billets, je crois que tu ne te sens pas à ta place ici, sur terre, tu étouffes littéralement .

    Je vais donc t’aider à répondre À l’indétrônable question, qui tu es? Je répondrai : Tu es un ange, descendu sur terre pour nous donner le sourire…

    1. Ariel, je comprends. Sourire. Je ne m’y connais pas aussi bien en théologie que toi. Je te taquine. Ce passage est à prendre au premier degré, je voulais seulement rire. Pour le reste ta dernière phrase, mon Dieu ! Merci de me remplir de tes retours. Merci du fond du cœur.

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