Le communautarisme vu sous l’angle de l’Afrique

Bonjour Afrique !
Toute société a son histoire, ses pratiques, ses valeurs. C’est ce qui nous définit, et qui nous permet de nous démarquer des autres ; que cela soit positif ou négatif, que cela plaise ou déplaise. Et comme on le sait, la société influe sur l’être humain, sur sa personne… Afrique, nous avons notre histoire à nous, histoire qui relate notre façon de vivre, notre façon de faire. Bref nos valeurs.

Je parle ici du communautarisme. Et dire que c’est une valeur peut paraitre malaisé. Généralement confondu avec communauté, qui vise à rassembler les individus à partir de leur point commun.
En effet, le communautarisme, est un néologisme apparu dans les années 1980, en référence aux revendications de certaines minorités d’Amérique du nord. Depuis le terme est utilisé dans un sens péjoratif, désignant une forme de sociocentrisme ou d’ethnocentrisme qui donne à la communauté (ethnique, religieuse, culturelle, sociale, politique, mystique, sportive…) une valeur plus importante qu’à l’individu, avec tendance au repli de soi. Ce repli identitaire, culturel, ou communautaire s’accompagne d’une prétention à contrôler les comportements des membres de la communauté contraints à une obligation d’appartenance. ( source La Toupie).
En France, le terme prend une autre signification : il qualifie les revendications culturelles ou politiques de groupes minoritaires, et il est en général utilisé par les opposants à cette tendance à la sectorisation de la société française. (source Wikipédia).
Le communautarisme fait l’objet de plusieurs critiques. Mais je pense qu’au-delà de son aspect conservateur, le communautarisme en Afrique reflète nos valeurs à nous, ce que nous sommes. Face à ce fort passé douloureux.

La particularité de la « Charte africaine des droits de l’homme et des peuples »

Les droits de l’homme sont consacrés par divers textes à l’échelle internationale. Le 1er texte est la Déclaration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789, texte visé par le préambule de plusieurs constitutions en Afrique notamment. On parle de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), la Convention européenne des droits de l’homme (1950). Mais pourquoi la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ? Parce que justement c’est lié à notre culture.
En Afrique, les droits ne se réclament pas individuellement. L’individu n’existe que par rapport au groupe social auquel il appartient. L’individu s’identifie à la société, et les droits se réclament collectivement. Ce sont donc des groupes, constitués en sujets de droit.
La participation à la vie de la communauté
L’assistance est très importante chez nous. Nous insistons beaucoup sur le concept de fraternité. Et entre frères il faut être présent. Lors des veillées par exemple, que l’on soit nanti ou pauvre, grand ou petit, on a besoin de tout le monde. C’est d’ailleurs là, qu’on reconnaît nos proches. Il y’en a ceux qui sont là pour prendre des décisions (comment se passera l’enterrement, quand).
Il y’a ceux qui assistent plus financièrement ; Ceux qui doivent pleurer (généralement les femmes), ceux qui sont forts afin de pouvoir porter le cercueil le jour de l’enterrement. Que l’on ait une appréciation ou non de ces pratiques, on est obligé d’assister les autres; il en est de même pour les assistances naissance.
Influence du communautarisme
Le communautarisme influe sur notre façon de penser. Et donc c’est difficile d’avoir une opinion qui ne regarde que nous-même. L’homosexualité est une orientation, identité sexuelle. Elle fait partie de la sexualité humaine. Aujourd’hui en Occident, les lois ont été adoptées favorablement à l’égard des homosexuels, leurs établissant un statut légal. Ils peuvent se marier. C’est quelque chose de normal.
Chez nous, nous avons une conception du mariage qui est celle de deux personnes de sexes différents. Ces choix se répercutent au niveau de notre façon de penser.
Tu es africain, de sexe masculin ou opposé, et je ne vois pas comment tu viendras te présenter devant tes parents, leur parler de ton orientation sexuelle, leur dire que tu décides d’être homosexuel. “Tu décides” parce que pour eux tu n’es pas né comme cela, tu ne peux pas être comme cela, ce n’est jamais naturel, c’est une maladie. Et donc on devrait faire asseoir la famille.
Autre cas de figure, la majorité s’acquiert à 18 ans. Tu es africaine. Tu es une fille. Tu atteins tes 18ans, te voilà majeure. Alors chez nous, la jeune fille, mieux la femme quitte la maison de ses parents, une fois qu’un Monsieur s’est présenté avec la bouteille de Whisky. La jeune fille, la femme ne quitte pas la maison de ses parents pour aller louer un appartement. Je ne vois pas comment tu viendras te présenter devant tes parents, leur dire que tu quittes leur maison, parce tu penses pouvoir prendre soin de toi, et pouvoir te louer un local. Je pense que tu n’auras pas l’occasion de finir ta phrase. Louer une maison porte malheur à une femme, et donc même jusqu’ à 40ans tu es là, tu restes la fille de tes parents.
En Afrique quand vous êtes  égoïstes c’est très grave.
Le communautarisme n’est pas toujours positif, mais c’est un lien fort. Ca nous identifie à ce que nous sommes, notre être social. Ce que nous sommes, nous nous reconnaissons.
Dominique Walton écrivait «  Il faut admettre tout simplement que la tradition n’est pas pour l’Europe un obstacle à la modernité, mais une chance ».
En parlant de chance, C’est cela qui fait notre fierté à nous. C’est plaisant de voir que chaque communauté s’identifie à une spécificité. Au Congo, par exemple le ‘’Ngourou-Yaka’’ (manioc) se fait différemment selon que l’on se trouve au nord ou au sud du pays. Le ‘’pandou’’ ne se cuisine pas de la même façon chez les Téké fait aussi simplement (pandou bouillon), que chez les Mbochi ou il faut beaucoup d’ingrédients, ou chez les Bakongo, qui n’oublient pas la patte d’arachide.
En somme, le communautarisme, c’est pour nous, notre identité culturelle. Ces éléments en quoi nous nous reconnaissons 🙂

admin

0 réflexion sur « Le communautarisme vu sous l’angle de l’Afrique »

  1. Bien dit Benchou, le communautarisme c’est ce qui révèle l’essence même d’un peuple qui partage la même idée en matière culturelle, ethnique, religieuse. .. En effet, il n’est pas perçu de la même manière. En Europe, si tu arrives chez quelqu’un pendant le repas (déjeuné) , ce dernier te présente un journal au moment où il mange “seul”.Ce qui est inadmissible en Afrique noire car, chez nous , ne penser qu’à son égo est considéré comme “un péché” si on peut se permettre de le dire (c’est la fraternité, l’entraide, …). L’on peut surtout ajouter que la jeune fille européenne aime être quitte avec celui qui l’invite (fifty fifty, soit tu m’invites aujourd’hui et demain c’est moi qui le ferai) ce qui est carrément l’opposé de la jeune fille africaine qui veut qu’on lui fasse tout. Le parent africain, toujours protecteur refuse d’accepter que son enfant grandit et le prend toujours comme un nouveau né, donc ne veut pas le voir loin de lui(d’où il ne veut pas que l’enfant quitte sa maison). Certes les droits de l’homme sont proclamés mais pas conçus de la même façon. Tel est le cas du transsexualisme, l’homosexualité (mariage pour tous), le droit à l’avortement, et de ceux qui font de la prostitution leur métier. On peut aussi prendre l’exemple d’un noir qui suit une très bonne émission qui clame les droits de l’homme, qui par la suite évoque les droits des homosexuels et des difficultés dont ceux-ci sont confrontés en matière d’adoption, l’africain contrarié zappe. Tout cela démontre qu’en Afrique l’on ne partage pas la même vision et cela est considéré comme “sacrilège ” “une maladie” ou encore comme”un envoûtement”… Je dirai que, chaque peuple a ses valeurs,sa culture. ..et il y a des divergences en matière culinaire, en matière de coutume. Chez les “Vili” le côté de la femme fait à manger “le saka à la mouambe” et le mari doit (obligation) apporter cela chez lui et manger avec sa famille. Chez les “Kongo” par exemple la fille est dotée les deux côtés (paternel et maternel), ce qui n’est pas une pratique de tous. En clair, le communautarisme est le reflet d’un peuple qui partage la même opinion (culture, moralité, politique, religion. …)

    1. Excellente Contribution Gloria. Merci pour le complément, il y’a tellement d’exemples sur le sujet. Tu as fait la suite de l’article 🙂 . En gros, le communautarisme c’est être africain

  2. Je te félicite ma puce, ta pensée m’a beaucoup inspiré et je retiens qu’en Afrique en cas de décès, naissance, maladie…. convivialité, jovialité, partage et assistance obligent .

  3. tres bel article ma chere!!! tu as la plume u sait?!!!
    Evaluer le communautarisme surtout en afrique c’est tres fort. “l’union fait la force”/ “qui s’assemble se ressemble” . Nous connaissons tous ces adages et c’est principalement ce que tu evoque tout au long de ton article. lafrique est a mon avis le plus beau continent, le plus ancien, et surtout le plus riche en ressources. De plus nos cultures et traditions restent distinctes des autres continents
    cest pourquoi dans cette foulee lafrique doit preserver ses valeurs nobles.
    etudes faites face aux problemes qu’a pu surmonter nos civilisations passees(torture esclavage epidemie …) lafrique peut lutter contre le mimetisme et enfin se construire sa propre vision et son propre chemin… tellement a dire a ce sujet ma plume reste en marge…

    1. C’est l’esprit de ce blog. Un espace de partage et d’échanges. Merci pour ce complément Chancela. Et ces adages “l’union fait la force”/”qui s’assemble se ressemble”, résument en tout, notre social.

  4. Vive l’Afrique, vive l’Africain !

    L’Afrique ne va jamais se perdre dans le désespoir ! Mais je vois cette Afrique disparaître derrière cette couche qui protège l’émergence, la paix et le progrès humanitaire !

    A mon Afrique,
    A ma patrie,
    Aux citoyens du monde !

    L’Afrique a besoin des Africains.
    Ce dont l’Afrique a besoin, c’est de toi et moi.

    Stéphane Kabamba
    alias Tchakamawila

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