Le féminisme, les hommes et moi

Il y a quelques mois, j’ai entrepris la discussion sur le féminisme avec les hommes de mon entourage. Enfin, mes frères et mes amis.

En réalité, ce n’était vraiment pas une discussion. Il ne s’agissait pas de confronter des opinions, pour voir qui a raison, ou pas. Il ne s’agissait pas d’apprendre quoi que ce soit, à quelqu’un. Il s’agissait de recueillir les opinions. Et d’apprendre. Je voulais écouter les hommes s’exprimer sur cette question.

J’ai posé la question suivante à tous : Que penses-tu du féminisme ?

Pour ensuite, passer à autre chose pendant un bon bout de temps. En vrai, j’ai flemmardé sur l’écriture de ce billet pour plusieurs raisons que je me refusais de reconnaître.

Je suis féministe ou pas ? Je ne sais pas. Je travaille avec les femmes. C’est-à-dire, je défends les droits des femmes. Mais apparemment, mon engagement n’est pas aussi fort et présent sur les réseaux sociaux.

Je ne dénonce pas le sexisme et la misogynie H24 sur les réseaux sociaux. Je ne suis pas en veille sur le moindre écart, qui doit être une occasion de dénoncer le sexisme et la misogynie. Je crois que si je ne me réclame pas féministe, peu de gens le diront à mon sujet. À part des amis qui m’envoient des piques de temps en temps.

Comment alors concilier le féminisme vécu et le féminisme défendu ? Est-ce une bonne idée de partir des opinions des hommes, pour bâtir une certaine idée sur le féminisme ?

Les hommes sont autorisés à parler de féminisme, seulement lorsqu’ils soutiennent la cause. Pour le reste, bouclez la ! On ne vous a rien demandé. Je crois que la police des réseaux sociaux m’en reprochera. Tant pis. Les réseaux sociaux influencent largement sur notre perception sur un certain nombre de sujets. On doit s’aligner dans une certaine logique.

Quand on parle de féminisme, on parle beaucoup d’idées et d’opinions, et moins souvent de ce que les gens en pensent en toute subjectivité. Avant de continuer mon propos, je vous montre ce qu’ils en pensent :

Alex : « Je suis féministe parce que marxiste, je soutiens leur combat sur le plan des droits sociaux, sur l’égalité salariale et autres. Parcontre il y’a un féministe vulgaire et sauvage que j’observe sur les réseaux qui me répugnent un peu ».

Max : « Je pense que la plupart des femmes qui font du tapage sur le féminisme en font trop. Elles se considèrent comme une race supérieure d’humains et croient qu’elles sont agressées au moindre petit truc. Le féminisme pour moi consiste à briser ce que nos coutumes et notre société ont établi comme norme et sont incapables de justifier par des arguments percutants à propos de la hiérarchie des genres qui est faite, que ça soit aussi bien dans les couples, les fratries, les entreprises, ou tout simplement la société en général ».

Nych : « J’aime les féministes hors réseaux sociaux. Leur combat est basé sur la compréhension. Je déteste les féministes qui cherchent la petite bête pour réclamer la cause ».

Gédéon : « Le féminisme pour moi c’est la liberté d’une femme d’être qui elle veut et adhérer à des valeurs et des croyances qui lui sont propres sans que d’autres femmes ne lui imposent ses choix ».

Ya Igor : « Tu t’y es mise à fond là, j’espère que tu es consciente que la misandrie et le féminisme s’embrouillent ».

Ya Elty m’a dit un jour, qu’il souhaiterait parler de féminisme avec moi, j’étais contente et j’espère vivement que ça va arriver. C’est la Covid19 qui a tout fichu.

Je ne citerai pas son nom, mais un ami a dit que le féminisme abruti la femme. Holà !

Devrais-je ignorer toutes ces opinions, et crier à tous uniquement ce que j’en pense ? Ce qui est difficile pour moi, ne regarder que d’un seul côté. Je ne veux pas forcément entrer en guerre. Je n’ai pas pour habitude d’établir un ordre de priorité selon les combats. Le féminisme n’est pas seulement utile pour défendre le droit des filles d’aller à l’école dans les endroits où elles ne le peuvent pas toujours aujourd’hui, défendre les filles excisées et lutter contre l’excision ou les mariages forcées. On a aussi le choix de porter ce qui est proche de nous, ce qui nous touche de très près. À mon avis, l’un n’invalide pas l’autre.

Avec Girls Talk, je suis partie de l’idée qu’il y a un intérêt pour les jeunes femmes de mon âge de dire ce que nous pensons et ce que nous voulons pour nous. Je ne dis pas que c’est la meilleure façon de faire, de vivre ou d’exprimer le féminisme. C’est entrer dans le processus de s’approprier progressivement ce que, d’une façon ou d’une autre, ne nous pas été donné ou accordé.

Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

2 réflexions sur « Le féminisme, les hommes et moi »

  1. Je suis contente d’être le premier commentaire 😂😂. C’est un très bel article et
    En tant que féministe j’ai trouvé que la plupart des remarques de tes amis sont assez pertinentes et on peut voir une sorte de progression chez certain dans la mesure où d’autres comprennent que le féminisme dans son essence n’est pas là pour abattre l’homme mais pour permettre aux femmes dans leur diversité de vie, de parcours et d’opinions de se construire dans un monde où elles sont essentialisées, et on peut dire que Gedeon le définit vraiment bien.
    Et d’un autre côté on remarque aussi la forte subjectivité de certains dans leurs propos qui ne se rendent pas compte du sexisme et de la misogynie systématique c’est pour ça que toute petite remarque ou rappel dessus leur paraît comme 《chercher la petite bête》.
    Par contre je suis en désaccord avec cette idée que le féminisme frôle la misandrie, je la considère erronée parce qu’il y a une volonté de limiter les propos, réflexions et combats féministes, mais aussi parce que c’est le reflet de vieux mécanismes qui se veulent placer l’homme partout et même au centre des mouvements créer et voulu par des femmes.
    Je conçois qu’il est difficile de déconstruire ce qui nous donne des privilèges et plus de liberté, mais je pense que si une grande partie des hommes qui s’intéressent aux féminismes ( dans leur diversité) voyaient l’apport de ceux-ci dans la construction de certaines libertés des hommes qui abolissent les oppressions du patriarcat, ( même si il est profitable aux hommes) ils auraient une meilleure compréhension des mouvements. Néanmoins, la cause n’a pas besoin de leur adhésion.

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