Roméo sans Juliette

Je repense encore à cette nuit, toi et moi en train d’attendre un taxi. La peur du couvre-feu, celle d’affronter mes parents si je ne dormais pas à la maison. Je revois nos rires, le regard jaloux des passants, Nous étions heureux, je te manquais déjà, tu ne voulais pas que je parte et moi je ne voulais pas que cet instant s’arrête. Un bonheur simple comme seule la vie sait en servir mais les choses ont bien changé depuis, aujourd’hui il n’y a plus de « nous ».

Écrire ne pourra pas soulager mon cœur, pourtant j’ai besoin de mettre des mots sur tout ce que je ressens pour faire le deuil de nous, de toi, de ta présence qui me manque, de mes mains qui te touchent, de nos regards, de tout ce qu’on a partagé. Oui, c’est à ce point que je t’aime, même si je n’ai pas eu le courage de te le dire. J’ai essayé mais des blessures anciennes me rappelaient ce que ça m’avait déjà coûté d’aimer. Tes silences m’ont fait douter, j’étais frustrée, comment ne pas l’être avec tout ce que je ressens. J’avais l’impression que tu pouvais avoir mieux que moi, j’avais peur que tu me mentes, et j’ai pris les devants pour éviter que ce ne soit toi qui brise mon petit cœur. Si c’est moi qui le faisais ça te rendait moins responsable de mon « malheur », je suis comme ça, je veux toujours tout assumer toute seule.

J’étais bien avec toi tu sais, depuis le 1er jour je me suis laissée porter, je n’ai rien calculé, tout est arrivé si vite, je ne sais même pas quand est ce que j’ai commencé à t’aimer, peut-être est-ce quand tu me forçais à manger, t’as bien pris soin de moi quand t’étais présent, cette chaleur humaine que tu dégages c’est ce qui m’a séduit chez toi. Le jour où tu m’as demandé si j’étais amoureuse, j’ai perdu mes moyens, j’ai fait un tour dans ma tête et j’ai sorti la première connerie qui m’est venue, je n’ai pas pu dire oui, parce que j’avais peur de souffrir comme je souffre aujourd’hui, le dire signifiait être plus vulnérable à tes yeux, ne pas le dire c’était gardé le contrôle de ce que je t’autorisais à faire de moi. Mais jamais une rupture ne m’avait mis aussi mal, ça fait des jours que je ne mange pas, mon sommeil est perturbé, même quand je dors mes pensées sont dirigées vers toi, ma mère s’inquiète de me voir perdre du poids, la pauvre ! Si je pouvais lui expliquer mon mal-être, peut-être qu’elle me consolerait même si ça ne changerait pas grand-chose. Tout ça fait cliché mais c’est ma réalité, je ne sais pas faire les choses à moitié, quand j’aime c’est pour de vrai, quand je souffre l’intensité est la même.

Je crois que je n’ai jamais espéré que tu m’aimes, je voulais juste que tu sois là, qu’on existe ensemble et qu’on vive notre histoire. C’est dommage que tu n’aies pas su prendre en compte mes attentes, je ne sais pas si j’ai pu tenir compte des tiennes, mais on en est là aujourd’hui, il n’y a plus de nous.

Tu as ton orgueil, j’ai ma fierté, tu m’as délaissée sans un mot, je n’ai pas été patiente, parce que oui moi je t’aime, parce que oui j’ai joué des films dans ma tête, ça m’a rendu dingue, j’ai craqué, je ne voulais rien montrer. T’as tes fautes, j’ai les miennes, les reconnaître ça serait bien, je sais que je t’ai fait mal, je te demande pardon. J’étais blessé et j’ai voulu te blesser aussi, peut-être pour que tu ressentes ma douleur. Mais malgré tout tu me manques, c’est dur de te sortir de mon esprit. Je pouvais plus continuer avec les SMS, c’est pourquoi j’ai écrit ce billet. Je souhaite que tu trouves un vrai sens à la vie, je souhaite que tu sois heureux et je souhaite l’être aussi, nous méritons tous les deux d’être heureux, même si ce n’est pas le « nous » sur lequel j’avais parié notre bonheur.

Anonyme

admin

7 réflexions sur « Roméo sans Juliette »

  1. C’est toujours bizarre de lire ce genre de situation. Apparemment tu l’aimais, mais tu le brise encore. Bref les histoires de cœur hein, on les comprendra jamais, on ferais mieux de retourner au jardin d’Eden peut-être. Bref, très bel article, très triste et très incompatible comme histoire.
    Merci Yenja et son anonyme de rédactrice, je vais enquêté sur elle…

  2. Ça transpire ce qu’on ressent quand on vit ses premières déceptions amoureuses.
    On se met en couple en ayant en image les romances des Harlequin, on se rend compte que ce n’était qu’illusion et on se sépare.
    On rejette la faute sur l’autre, on se sent responsable de la rupture puis, on essaie de voir s’il y’a moyen de sauver les meubles .
    On se rend compte que l’autre est passé à autre chose, on joue à celle ou celui que rien n’atteint. Mais en réalité on en souffre jusqu’à ce que guérison s’en suive .

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