Subjectivités, et plus si affinités

Je n’ai pas spécialement choisi d’étudier la justice internationale. Je dirai d’ailleurs qu’elle est venue à moi. Rires.

J’ai obtenu mon Master de droit public, avec une spécialité de justice pénale internationale. Vous savez, les affaires de la Cpi et tutti quanti. Les recherches en droit, parfois, je trouve ça très drôle. Faire de très longs développements sur un concept, pour ensuite aboutir à une conclusion ou une ouverture. Bref, pourquoi ne pas aller droit au but, honnêtement ? En fait, le droit c’est un peu comme lorsqu’une femme te dispute pendant 2h, et à la fin elle te dit je ne vais même pas me disputer avec toi. Rires. Je plaisante. Le droit c’est bien plus que ça !

Il arrive souvent que j’ai des remises en cause évidentes. Comme la plupart des études supérieures. J’abandonne ou pas ? Rires. Vous connaissez la réponse.

J’ai étudié la justice pénale internationale, sans toutefois m’interroger sur le fondement même de la justice. J’ai avalé le mécanisme, les problèmes que ça pose, et les incertitudes à l’avenir. Visiblement, la justice n’était pas contente. Puisqu’elle m’a ramenée à elle.

Après que mes travaux aient été validés, lors de la relecture pour dépôt de la version finale, j’ai rajouté un paragraphe sur l’idée de justice. Je suis vraiment du genre à n’en faire qu’à ma tête. Ça a été un paragraphe que ma Professeure n’avait pas validé. Pourtant il était là.

Finalement, je dois réalisé ma thèse sur la justice internationale. Cette fois encore, je n’ai pas choisi ce thème. De toute façon, je l’aime. Rires. La vérité c’est que je n’ai pas le courage de m’avouer que je ne veux plus avoir à faire à la justice internationale. C’est une blague.

Je fais trop de blabla alors que nous ne sommes pas en cours de droit ici. Hé ha ! Tenez-vous bien, ce n’est pas fini.

Je suis décidée à comprendre l’origine et le fondement même de la justice. Je suis tombée sur une série d’articles qui en parlent, et qui font un lien direct avec la religion. L’article qui m’a le plus bouleversée est celui écrit par Robert Jacob. Son texte parle du jugement de Dieu et la formation de la fonction de juger. L’auteur démontre l’influence de la religion sur la justice et aboutit à la conclusion que l’idée de justice, telle qu’imposée par l’occident repose sur des fondements culturels. Comment alors s’étonner que des sociétés qui n’ont pas le même passé en partage peinent à comprendre toutes les implications ?

Je m’abstiens de faire encore et encore de l’histoire. Vous avez sûrement déjà entendu parler de la séparation de l’Etat et de l’église en Occident. Ce qui a conduit à la laïcité dans les États modernes, tellement évident ça !

Il n’est pas question ici de faire un exposé sur l’origine de la justice. Un article de blog ne suffirait à rencontrer les différents contours. Lire cet auteur m’a fait réaliser combien les choses nous sont imposées, sans que l’on ne se demande pourquoi elles se passent de telle ou telle façon. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Nous considérons ce que nous avons toujours connu, ou plutôt ce que l’on nous a toujours présenté comme narurel et vrai.

Si vous saviez comment je flemmarde devant les livres de philosophie et de sociologie. Non parce que le contenu ne m’intéresse pas, le style est très soutenu, ce qui permet largement d’enrichir le vocabulaire. Mais surtout, parce que ce sont des remises en cause évidentes des choses et de l’ordre. Ce n’est pas toujours très aisé d’affronter certaines vérités en longueur de journée. Et puis, on est assez bien dans notre zone de confort. Avec ce qu’on croit, et ce qu’on a toujours connu.

Quel intérêt de vous parler de la justice ?

C’est très drôle parce que j’ai le sentiment qu’on devient très juge aujourd’hui, face à tout, et envers tous. Chaque époque, ses contours. Nous exerçons notre justice selon nos propres standards, sous l’influence de ce dont je ne maîtrise pas encore. L’opinion publique considère ce qu’elle veut, et encore, la justice des réseaux sociaux ne pardonne pas.

La vindicte digitale est tombée, vous êtes déclaré coupable. Les gens se complaisent dans les « sauces », attaquer les autres comme s’ils ne faisaient pas eux-même les mêmes choses.

Je n’aime pas les personnes qui disent aux autres ce qu’ils doivent faire, encore moins sur les réseaux sociaux. Les donneurs de leçons, j’en tire ma chasse. Personne n’est responsable de personne. À moins que ce soit vos petits frères, vous pouvez toujours le faire chez vous, à la maison. J’ai le choix sur le contenu que je veux voir, et depuis un moment, je n’entre pas dans de très longs débats. Je n’ai rien à enseigner à personne. Ce n’est pas parce qu’une personne a dit une chose que je ne partage pas l’avis, que cette personne est bête. Sur internet, chacun fait ou dit ce qu’il veut. La preuve, je tiens un blog, et personne ne me l’a demandé.

Jurah m’a envoyé une offre d’emploi, depuis que je pleure mon chômage. En réalité, je ne me considère vraiment pas au chômage. C’est une parenthèse. Revenons à nos moutons. Je connais cette personne. Je sais ce que l’opinion publique dit de ce personnage : « Je ne peux pas travailler avec cette personne, je ne veux pas », ai-je répondu froidement. Il me demande alors si je le connais dans la vraie vie, au delà des rumeurs que j’ai entendu sur lui. Je le connais sur les réseaux sociaux, et d’ailleurs je n’apprécie particulièrement pas ses opinions et ses prises de position. Donc, basta !

Jusque-là, je pensais être à l’abri. Je chiale ! Voilà ce qu’on est devenu, aujourd’hui. On juge froidement. On condamne avec la plus grande fermeté et la plus grande force. On pointe du doigt. On raconte à qui veut l’entendre. Je connais cette personne, elle mauvaise. Point. On a plus besoin de tribunaux. Passe-moi son Id, je te dirai qui est réellement cette personne. Hommes, faites votre justice.

Anyway, je retourne à mes livres de droit. Je me souhaite d’excellentes années de cohabitation et de cheminement avec la justice. Allez, bises !

Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

2 réflexions sur « Subjectivités, et plus si affinités »

  1. En te lisant sur ce post, j’avais l’impression d’être dans ta tête ahahaha

    Il y’a un fil conducteur cependant: la Justice. Mais on passe d’un sujet à l’autre juste comme ça se passe dans notre tête. Je comprends pourquoi cet article est dans la rubrique “méli-mélo” ihihihih

    Par ailleurs, concernant le “je t’aime moi non plus” que tu entretiens avec ton domaine d’expertise le droit international et plus particulièrement ta thématique sur la Justice Internationale, je te conseille de ne pas abandonner. Tu en parles avec passion, ce qui est bien souvent le signe d’un amour vrai. L’amour sans passion n’est que fiction, n’est qu’un passe -temps, un échappatoire pour ne pas être seul…

    Moi je n’avais plus de passion pour le droit aussi après quatre ans de mariage j’ai dû quitter cette femme qui ‘te dispute pendant 2h, et à la fin elle te dit je ne vais même pas me disputer avec toi” pour une autre qui m’aime bien que juriste de formation, j’ai divorcé pour la qualité

    Du fondement de la justice internationale aux jugements que nous portons sur les autres sans fondement (sur les réseaux comme ailleurs: c’est devenu le propre de notre société micro-onde), tu me conduis dans cet article à un véritable questionnement puis à un constat, une vérité: “Ne juge pas ton prochain avant de te trouver à sa place” (le Talmud) ou plus proche “Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés” (la Bible).

    Si la Justice internationale est de fondement judéo chrétien, je crois que ses racines sont universelles.

    PS: Tu as écris “Robert Jaboc” au lieu de “Robert Jacob” s’il s’agit bien de l’auteur de: La Grâce des juges. L’institution judiciaire et le sacré en Occident.

    Merci, j’ai aimé!

    1. Hé ha ! J’ai donc écrit Jaboc, fichu clavier ! Il est excellent l’auteur, tu me diras.
      Merci pour ton commentaire, et merci d’avoir lu. J’ai tellement appris. D’ailleurs je ne savais pas moi-même que j’étais amoureuse du droit, tu m’apprends. 😂 Je connais la qualité, et c’est un domaine bien passionnant. Bon vent à toi aussi, au plaisir de te lire aux prochains postes !

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