Sur un pont aux ânes !

La pression sociale a vraiment eu raison de moi. J’ai accueilli mon nouvel âge, le moral dans les chaussettes. J’étais dans ma pire période d’insatisfaction permanente. J’avais le crâne rempli de porridge. En vrai, j’étais au bord du gouffre. Cette vulnérabilité que l’on ressent lorsque l’on traverse une période difficile. J’étais déboussolée. C’est une évidence : je n’allais pas bien. Honnêtement, je ne me trouvais pas assez bien pour 26 ans d’âge ! Je n’allais pas, maintenant, ça va. C’est du passé. Je vais bien. Enfin ! Il fallait vraiment que je me l’avoue. Je n’étais pas bien, et pourtant, la vie suivait son cours normalement. Mes habitudes n’avaient pas changé. Je faisais toujours ce que je fais naturellement, depuis quelques mois, entre le labo, les salles de conférences, la bibliothèque, ma chambre d’étudiante, et quelques fois, ma nouvelle paroisse ou encore des sorties avec des amis. Pourtant, je n’étais pas bien.

Il y a eu une succession d’événements qui m’ont bouleversé. J’ai reçu des refus sur des offres auxquelles j’avais postulé. Refus. Et parfois aucune réponse. Récemment Madame Dave a fait plusieurs posts sur Facebook, dans lesquels elle remet en cause le principe des compétitions, concours et consorts. Encore, c’est un sujet que j’aborde souvent avec elle. Ces refus ont sapé ma « confiance en soi », on va dire ça comme ça ! Pourtant, j’ai bien préparé mes dossiers de candidature. La réalité me frappa de plein fouet : tu n’as pas été retenue. Ça déchire ! Mince ! Moi qui attendais pleins de surprises pour cette année. Si on me demandait de définir mon année 2021 en un seul mot, je dirais : Aventures. Pas qu’une seule d’ailleurs, plusieurs. C’est un peu raté là ! Dame nature, est-ce qu’on peut reprendre les choses à zéro, s’il vous plaît ? Réponse : Désolée. Et ce n’est pas pour autant que ton âge ne va pas augmenter. Hé hop ! J’ai 26 ans. Wow ! Cette vie se croit vraiment drôle !

À cette charge psychologique, s’ajoutaient entre autres le départ de mon amie, et des problèmes de santé. Le train-train quotidien de Dakar était facile à digérer à deux, maintenant je dois me débrouiller toute seule. Ce n’est pas que je n’y arrive pas, mais je me rends compte que sa présence était de beaucoup. Ça n’aurait pas été une aventure aussi enrichissante et fun, si elle n’avait pas été là. Ça va, je tiens le coup. J’irai à l’hôpital après mon anniversaire. Je suis déjà assez mal, je ne souhaiterai pas enchaîner de mauvaises nouvelles. Ça en fait un peu trop là !

Vous aurez remarqué, je n’ai quasiment pas écrit le mois dernier. Si, j’ai griffonné des textes, par contre je ne les ai pas publiés. J’ai relu mes écrits, je les ai trouvés tellement bidons, vides de sens, et de fond, remplis de préjugés. Je reconnais que parfois, ça arrive. Souvenez-vous, « congolites », ce sont mes subjectivités. Subjectivités donc, dans les limites de mes connaissances. Le plus dramatique est que, ces textes manquaient cruellement de moi ou de ma personnalité. C’est comme si, l’on m’avait forcé d’écrire.

J’ai même pratiquement abandonné mon programme de parrainage. Je suis là, sans vraiment être là. Je donne des exercices, sans pour autant faire de suivi. Je lis des textes, je fais des retours et des commentaires, mais je ne suis pas présente. Je crois qu’ils ont dû le remarquer. Je n’en suis pas fière. J’ai horriblement honte ! Vous me faites confiance. Vous me portez de l’estime. Au retour, je me moque bien de vous. C’est sans faire exprès. Je vous présente toutes mes excuses. Promis, on enchaîne les prochaines étapes, dès ce lundi. À Angela, j’avais demandé d’écrire sur « J’ai cassé un verre ». Prince a écrit sur « Emmène-moi loin d’ici ». À Océane, elle devait écrire sur « Femme et politique ». Et Kelly, elle devait produire un texte à partir de cette phrase « Tu mérites le monde ».

Le principe est que je dois moi aussi produire des textes sur chacun de ces thèmes. Chaque exercice que vous je donne, je me dois de le réaliser. Je ne suis pas la patronne qui dicte ce qui doit être fait. L’objectif de ce programme, est que nous évoluons ensemble. Je n’ai pas oublié. Je vais produire mes textes, à mon tour.

Le déclic pour sortir de cette période de « petite crise existentielle » a été la discussion avec des amis. J’échangeais avec un ami qui demandait des nouvelles de deux de mes petites sœurs. Elles ont eu le bac la même année. L’une a suivi son cursus universitaire normalement après le bac, par contre, l’autre avait fait une pause. En parlant de cette situation, j’ai mentionné que l’autre avait traîné. Il m’a fait la remarque en disant qu’à son avis, l’autre n’a pas traîné. Elle a peut-être fait une pause. Les études ne sont pas une course de qui arrive le premier. Et quand on arrive déjà à l’université, chacun devrait y aller à son rythme. C’est un peu comme la vie. Ce n’est pas une course à la montre. Arrêtons de nous mettre autant de pression. Elle n’est pas en retard.

Je disais à mon autre ami que je n’assumais pas mes 26 ans, il m’a répondu qu’il ne sait pas ce que je cherche dans la vie. J’ai drôlement ri. Ça part toujours en couille avec lui. La vie n’est pas un bilan qui devrait s’équilibrer. Le mot d’ordre c’est : Vivre ! Et par-dessus tout, appréciez le présent, ici et maintenant.

Il y a quelqu’un qui a su me dire exactement ce que je vis. Cette personne, c’est ma grande sœur. Elle m’a laissé ce paragraphe le jour de mon anniversaire : « Actuellement, elle est sur une bifurcation particulière où elle veut voir claire sur la suite des choses parce qu’elle remet en question ses folies et ses rêves… elle cherche à trouver son équilibre pour suivre plusieurs de ses rêves sans laisser derrière elle ses folies qui la définissent aussi ». Je ne sais pas pourquoi elle parle de moi à la troisième personne. Demandez-lui. Rires. Pourtant ça fait un long moment qu’on n’a pas parlé. J’ai été surprise.

Il m’aurait fallu ce monologue. À l’heure où j’accouche ces quelques mots, je me sens complètement présente, vivante, et animée. Je suis exactement, là où je suis censée être. Tâchez de toujours prendre soin de vous. Bisous !

Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

9 réflexions sur « Sur un pont aux ânes ! »

  1. Je me suis tellement retrouvé dans ton article, on dirait j’écris des trucs mais c’est vide et pour mon âge on dirait j’assume pas. Ajoute moi dans ton programme peut-être que ça va me réveiller. Mais j’ai aimé tes écrits comme d’habitude.

  2. Prête moi ta plume yaya.
    Il y a des moments comme ça chère amie mais le soleil viendra. Le soleil est là🌕.

    Miss u 😞

  3. Merci pour ce texte. Toutefois je me demande toujours ce qu’on devrait faire quand on se sent dépassé de cette façon (ça m’arrive souvent).
    Prends soin de toi

    1. Hello Emmanuel, force à toi ! Je ne crois pas qu’il y ait de réponse ou d’attitude standard. Mais on aura l’occasion d’en parler, en inbox.

  4. Continue de prendre soin de toi, c’est la première chose que tu te dois, prends ton bonheur en urgence, relève toi à ton rythme mais ne dure pas trop au sol… Des bisous de moi depuis Brazzaville…

Laisser un commentaire

Revenir en haut de page
%d blogueurs aiment cette page :