« Un jour, je vous parlerai d’Émeraude Kouka » : Promesse tenue !

Comment parler d’Émeraude ? Mieux, avec quels mots parler de lui ? Alors qu’il possède les mots. On a le sentiment qu’il connaît tous les mots du dictionnaire. Je n’exagère pas. Les personnes qui le côtoient ne diront pas le contraire. D’ailleurs, on dit de lui, qu’il est un « dictionnaire ambulant ». Haha ! Il sait manier les mots avec élégance.

J’ai lu le Poème d’Émeraude : « Hérésiarque toute la lyre ». Je n’en revenais pas. La vérité, c’est que je n’avais rien compris. Il m’a fallu mon dictionnaire ! Rires. Une chose est vraie : Émeraude écrit magnifiquement bien. Il faut être un esprit éveillé, ensuite avoir suffisamment de tact pour déchiffrer ses écrits. Comme dirait l’autre, il n’écrit pas pour les petits. À l’ère de Tik Tok, être aussi exigeant envers soi-même, c’est naviguer à contre-courant. Mais lui, a des couilles au cul. 

Émeraude est un ami. Un vrai. Il est l’une des rares personnes auprès de qui je demande un avis de tout et sur tout. Je lui pose toutes les questions complexes qui me taraudent l’esprit : « qu’est-ce que tu en penses ? ». Et ce, peu importe le sujet. Ces mots sont la grenade, résistants et froids. C’est surtout la réponse qu’il faut, idéalement, une satisfaction.

Mais Émeraude ne connaît pas seulement les mots. Émeraude est un intellectuel. C’est un de nos cerveaux pensants, parce qu’on en a besoin de plusieurs. Il faut croire que même les « grands Hommes » ont leur petit côté. Ce que je peine à remarquer chez Émeraude. Après, je ne dis pas qu’il est parfait. Je vous vois venir. Rires. Il est suffisamment lui-même, pour chercher à dominer sur les autres. Il est d’une grande générosité. Parallèlement, intransigeant, ne tolère pas la bêtise.

Bref, j’en ai assez dit ! Ce billet est une interview, ou plutôt une discussion, dans laquelle, Émeraude nous parle de littérature. Justement, parce qu’il en connaît un rayon. Posez-vous bien, surtout, sortez vos dictionnaires !

Salut cher Émeraude, comment devient-on écrivain et critique littéraire ?

R : Salut, chère Benja. Vaste question. Commençons par la littérature. En littérature, comme dans toutes les disciplines artistiques, tout chemin mène à Rome. La vocation littéraire est erratique. Elle n’a rien de substantiellement prévisible ou discernable. Évidemment, on peut avoir des prérequis – ils sont d’ailleurs nécessaires à toute démarche de création –, mais ceux-ci ne déterminent en rien la finalité envisagée. Et, les expériences de chacun varient aussi en fonction du genre littéraire qui est choisi. On devient poète, par exemple – et c’est mon cas – lorsqu’on s’isole pour sculpter son propre tombeau ; car faire de la poésie, aujourd’hui, c’est être en grève devant la société, c’est avoir la capacité de mettre de côté tous les moyens viciés qui s’offrent à nous, parce qu’ils ne valent ni notre conception, ni notre travail secret. C’est pourquoi il y a, de nos jours, peu de poètes. À vouloir démocratiser l’art, on a oublié que la poésie, cet art du merveilleux, sera toujours vague, lointaine, éloignée de la foule.  « Sous prétexte de liberté du vers, de l’absence de règles, tout aujourd’hui peut nous être servi comme relevant du langage poétique » comme le souligne Mabanckou, dans sa Lettre ouverte à ceux qui tuent la poésie. Tout cela pour dire que devenir poète ou, plus largement, écrivain, dépasse le simple fait de voir son manuscrit accepté par un éditeur. Être écrivain, c’est dire toute la prose de son âme. C’est pourquoi un éminent poète comme Gabriel Okoundji, dont l’expressivité recherche la lumière de la parole, dit tout le temps être un « apprenti poète ». Ce n’est pas de la fausse modestie. J’ai parlé du poète, je pourrais aussi bien parler du romancier ou du dramaturge. Mais j’en ai assez dit sur la question.

Je vais essayer d’être bref, s’agissant du critique littéraire. Il faut d’emblée savoir que la critique littéraire est une discipline universitaire. Les diplômés en littérature, qui ont opté pour la recherche, ont le devoir d’analyser les œuvres qui se rapportent à leurs spécialités. C’est grâce à ces travaux qu’on peut établir une historiographie des œuvres littéraires, une sociologie de la littérature et l’évolution de la pensée littéraire. Mais on peut aussi devenir critique littéraire hors des circuits universitaires. C’est le cas de journalistes et écrivains qui, dans une revue ou une tribune, donnent un avis sur une nouvelle parution. D’où, on parlera de la critique universitaire, de la critique journalistique et de la critique des écrivains.

Les deux s’accordent admirablement bien, l’un ne va t-il pas sans l’autre ? Ou bien peuvent-ils être dissociés ?

R : Ils sont traditionnellement dissociables. Le littérateur crée, c’est un artiste. Le critique analyse. À la question de savoir s’il lui était arrivé de vouloir écrire des romans, Romuald Fonkoua, critique littéraire, a clairement répondu « Je ne sais pas mentir ». Il évoque le mensonge, justement, par allusion à la fiction. Il ajoute « Par contre, je n’ai aucun problème à analyser les romans des autres. » Mais il est tout-à-fait courant que des auteurs fassent de la critique. J’ai parlé plus haut de critique faite par des écrivains. Au-delà de l’urgence de commenter une nouveauté littéraire ou artistique, il existe des cas d’écrivains qui ont développé de grandes théories sur la littérature – ou sur l’art. Je pense notamment à Léopold Sédar Senghor qui, à travers le prolongement du discours de la négritude dans le domaine de l’art plastique, s’est révélé être un penseur de l’art. Il a entretenu une relation assez intime avec Georges et Claude Pompidou, qui étaient deux grands passionnés d’art. Il a appris chez eux à fréquenter, les musées, les galeries, les artistes et s’est intéressé au marché de l’art. Dans la foulée, il a organisé le Festival Mondial des Arts nègres, qui, de 1966 à 1977, au Musée dynamique de Dakar, a reçu les œuvres Pablo Picasso, Pierre Soulages, Malcolm de Chazal, Marc Chagall, l’art nigérian et l’art suédois. À l’occasion de ces expositions, il a présenté diverses allocutions, centrées sur l’identité noire dans l’art, évoquant une antériorité, dans tout art, qui renverrait à la négritude. Aujourd’hui encore, il existe bien des auteurs qui sont à la fois créateurs et critiques, à l’instar du camerounais Simon Njami, qui est aussi commissaire d’exposition. Il est d’ailleurs un des promoteurs de la Revue noire, qui a longtemps écrit sur l’art contemporain africain.

Juriste de formation, comment s’est opérée la transition ? Du droit à la littérature, et la critique littéraire ?

R : Je ne crois pas qu’il y ait eu une transition. Il y a plutôt eu une cohabitation. Je rêvais de devenir avocat depuis le CM1, inspiré par Me Maurice Massengo-Tiassé, à l’époque membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme. Il représentait pour le gosse que j’étais l’idéal de la réussite. Nos étions proches. Et le rêve était permis. Mon besoin d’écrire est né en classe de seconde, après ma lecture de La palabre stérile de Guy Menga. Pour moi, les deux voies n’étaient pas du tout incompatibles. Mais après mes études de droit, il n’y avait pas suffisamment de débouchés. Je n’ai pas soutenu en deuxième année de Master et, comme plusieurs de ma promotion, j’ai dû m’occuper un peu. La littérature, depuis mon année de licence avait déjà une place de choix dans ma vie. J’étais passé de mes habituels gribouillis à des textes plus élaborés. Devenir écrivain n’était plus un espoir, c’était une certitude. Je savais que, quelques années après, je ferais paraitre des livres. Étant donné donc que je ne fréquentais plus la fac, j’occupais mon temps à travers des activités purement culturelles. Je lisais, j’écrivais, j’allais voir des expositions d’arts visuels et plastiques, j’allais au théâtre, au cinéma et je fréquentais le collectif de slameurs du Styl’oblique. C’est au petit bonheur la chance que j’ai commencé à animer des conférences sur les cultures urbaines et la condition des artistes au Congo. Puis un jour, Louis Moumbounou, un de nos plus grands comédiens, qui, en ce temps-là, était le responsable de la médiathèque de l’Institut français, a suivi une de mes conférences et m’a conseillé de faire de la critique. Je ne savais absolument rien de ça. C’était une discipline trop savante pour moi. Louis Moumbounou m’a conduit aux Ateliers SAHM, où j’ai fait des rencontres exceptionnelles, dont celle d’Alexia Clorinda, historienne de l’art italienne, rompu à la philosophie allemande, avec une connaissance hors du commun du latin et du grec anciens. Alexia m’a donné les b.a.-ba de la critique d’art. Plus tard, Bill Kouélany, la directrice des Ateliers SAHM, m’a donné l’occasion d’accompagner dans les expositions des artistes comme Van Andréa ou encore Jordy Kissy Moussa. Avec ces connaissances en critique d’art, je n’ai pas eu de mal à m’essayer à la critique littéraire. Invité par le Club de lecture de l’Institut français, j’ai présenté un exposé sur l’écrivain français Michel Houellebecq. Je voulais que le public le prenne comme une étude critique. La salle était bondée. Il y avait des écrivains, artistes, journalistes et universitaires. À la fin des échanges, Jessy Loemba, l’actuel président du Forum des Gens de Lettres, m’a proposé une adhésion à leur association. Quelques temps après, j’ai été amené à faire une présentation critique d’un ouvrage de Prince Arnie Matoko, dans la salle de conférence du Ministère de la Culture. Et voilà, le reste de mon parcours m’a lié à la littérature et la critique. Mon parcours en droit est resté la ligne dans mon CV qui convainc mes employeurs de m’accorder un salaire décent, quand on veut m’embaucher.

Comment est né cet intérêt prononcé pour la littérature ?

R : De la lecture. En 2008, j’arrive en seconde, série littéraire. On m’apprend qu’en série A, il faut lire tout le temps. Jusque-là, je lisais surtout des magazines de foot. Pour la première fois, je tombe sur La palabre stérile, que j’avais déniché de la petite bibliothèque de mon père. Je l’ai lu avec une lampe, d’un trait. Il n’y avait pas d’électricité cette nuit-là. C’était un plaisir fou. Je crois que la truculence des lieux que l’électricité n’éclaire pas est favorable à l’imagination, au voyage. Après avoir refermé le bouquin, j’ai aussi eu envie de raconter une histoire. Mais il faut attendre longtemps pour que ça devienne sérieux, puisque j’ai commencé par publier de la poésie et non un roman.

D’ailleurs, c’est quoi être un écrivain ?

R : C’est être auteur d’œuvres littéraires. À tort et à travers, on dit de toute personne qui a écrit un livre qu’elle est écrivaine. C’est un abus de langage. Un universitaire, spécialiste en histoire, qui écrit un livre sur l’histoire est un historien. Un cuistot, qui publie ses recettes de cuisine, est un cuistot. Un journaliste, qui publie une enquête ou une analyse, est un journaliste. On devient écrivain lorsqu’on fait œuvre d’art. Et l’art, en matière de livres, renvoie aux genres littéraires. Les essais politiques, les manuels scolaires, les livres de droit et de philosophie ne sont pas de la littérature. Leurs auteurs ne sont pas des écrivains. Ils sont hommes politiques, instructeurs, juristes et philosophes. Toutefois, il arrive que l’on relève chez certains une dimension artistique, même en dehors du champ littéraire. On reconnait volontiers au Général de Gaulle le statut d’écrivain lorsqu’il produit un essai politique. On peut dire aussi de Roland Barthes, linguiste et critique littéraire, qu’il était écrivain. Le point commun entre ces deux hommes est leur travail sur la langue. En dépit de la vocation de leurs écrits, il y a un effort langagier qui renvoie au tempérament du littérateur.

Comment on invente des histoires ?

R : Pour inventer une histoire, il faut lire. Toutes les recettes se trouvent dans les livres : le travail sur la syntaxe, le rythme, les figures de styles, la construction d’une intrigue, la structure d’un récit, tout est dans les livres. Il faut lire les grands auteurs, mais, surtout, les livres qu’on aime, même s’ils sont écrits par un auteur jugé médiocre. Ce sont les livres qu’on aime qui touchent notre sensibilité. Et ce sont les livres qui touchent notre sensibilité qui nous donnent envie, nous aussi, de partager un imaginaire.

Combien de temps peut durer la rédaction d’un livre ?

R : Cela varie d’un auteur à l’autre. Amélie Nothomb, Guillaume Musso, Éric-Emmanuel Schmitt n’ont aucun mal à faire paraitre un livre chaque année. Emmanuel Dongala vous en fait un tous les quatre ou cinq ans. Évelyne Brisou-Pellen, auteur de littérature jeunesse, elle, peut aligner trois gros romans par année. Elle a une bibliographie difficile à comptabiliser. Et dire qu’elle a publié son premier texte en 1940… Ça dépend vraiment des méthodes de travail, des exigences et de la disponibilité de chacun. Il est bien possible d’écrire un livre en quelques mois. Il n’a suffi que la période du confinement à Bernard Henri-Lévy pour écrire Ce virus qui nous rend fou – par allusion au Covid-19. Il a publié le livre dès que le déconfinement a été annoncé en France.

Dis-nous ce qu’il faut savoir si l’on veut publier un livre !

R : Contacter un éditeur (autant multiplier ses chances, on a une chance sur quarante de se faire publier quand on n’est pas connu, à moins d’opter pour une maison d’édition à compte d’auteur), attendre trois à six mois, parfois un an pour une éventuelle réponse. Dépassé ce délai, le silence vaut refus. D’autres éditeurs prennent la peine d’écrire et argumenter leurs refus. Dans l’heureux cas où votre manuscrit est retenu, l’éditeur vous propose un contrat d’édition et tout le reste s’en suit (correction de l’ouvrage, impression, diffusion en librairies, etc.).

Les écrivains sont riches, n’est-ce pas ?

R : Pas autant que les dealers et les stars du porno. Le prix Nobel qui empoche dix millions d’euro et ou la jeune britannique qui explose les ventes avec Harry Potter sont des exceptions qui confirment la règle. Mais quand j’ai dit ça, j’ai surtout évoqué la réalité du livre en français. Chez les Anglo-saxons et les Américains, un écrivain qui a réussi vit dans la ouate. Je crois que Stephen King n’a rien à envier à Lil Wayne.

Comment effectuer le travail de documentation systématique, nécessaire à la rédaction d’un livre ?

R : On n’a pas besoin de ça, sauf pour écrire un essai. Si c’est de la fiction, de la poésie ou du théâtre qui est envisagé, il faut lire, à tout hasard, mais de façon constante. Lire comme on se brosse les dents, tous les jours. Et s’exercer longtemps. Quand c’est le moment de se lancer, on le sent, on le sait.

Peux-tu nous parler du droit d’auteur ?

R : La question est d’ordre juridique. Mais on gagnerait mieux à comprendre ce droit en ont abordant l’aspect économique. Le droit d’auteur apporte des solutions progressives à la contradiction qu’il y a entre, d’un côté, le financement des œuvres, et, de l’autre, le libre accès à ces œuvres. Il permet à l’auteur de : couvrir ses frais de création, percevoir une rémunération pour l’exploitation du monopole qui lui est dévolu, susciter des opportunités d’investissement (mécénat, subvention) et avoir une protection juridique de ses œuvres. Bien entendu, tout ceci concerne les œuvres dites de l’esprit, au nombre desquelles les œuvres classées « littéraires ». Il s’agit de la littérature, des ouvrages scientifiques et utilitaires. Sont inclus dans cette catégorie le roman, les poèmes, les scénarios, les chansons et les courriers.

Est-ce que tu penses qu’un écrivain doit avoir une mission ?

R : Il n’a pas à la choisir, en tout cas. Il la découvre. Si vous êtes un essayiste, vous êtes d’emblée dans la posture de l’intellectuel. L’essai consiste à prendre une position, à exprimer sa subjectivité sur des faits de société ou dans un domaine précis. L’essayiste est, par conséquent, un porteur d’idées. On ne peut pas en dire autant du romancier ou du poète. Le roman, la poésie ne sont pas systématiquement engagés. C’est pourquoi il faut se garder d’imposer des sillons aux écrivains. Si la littérature doit sonner l’heure d’une révolution, les choses se feront d’elle-même. Mais ce n’est pas un critère d’évaluation d’une œuvre littéraire.

Est-il déjà arrivé que tu n’apprécies pas l’œuvre à laquelle tu adresses une critique ? Que s’est-il passé ?

R : C’est souvent le cas. Les ouvrages que l’on soumet à ma critique ne satisfont, la plupart du temps, ni ma sensibilité, ni ma diligence. Et je ne sais pas mentir. Quand un livre ne me plaît pas, je le dis. Le but de la critique n’est ni de flagorner les gâte-papiers, ni de prendre à rebrousse-poil les génies. Faire de la critique, c’est rendre compte objectivement d’un travail. J’ai parfois recours à des périphrases et des euphémismes, quand je ne suis pas pris par le syndrome du garde champêtre, pour évoquer un livre écrit avec des pieds. Quand un auteur manque manifestement de talent, il faut lui faire la faveur de quelques précautions. Bon, parfois il prend ces tournures pour des compliments, et ça vous rassure sur la justesse de votre analyse.

Tu as des opinions franches et prononcées, Comment fait-on pour être aussi… j’ai envie de dire « vrai », ou plutôt direct ?

R : La tentation est grande, surtout à l’ère des réseaux sociaux, d’être un faux-jeton, de fabriquer, pour emprunter les mots de Pascal Boniface, « de la fausse monnaie intellectuelle » pour assurer son triomphe « sur le marché de la conviction ». Bon nombre de personnes coulent dans le liquide amniotique de la pensée commune, soit par roublardise, soit par crainte d’être fauché par l’arbitraire, soit par adhésion à la majorité. Bien-pensance, idées reçues, politiquement correct, voilà les dieux ! Il n’y a pas pire crime intellectuel que de dénier sa propre subjectivité.

Tu travailles aussi pour le cabinet du président de la République, alors que tu as parfois des avis sans concession vis-à-vis du pouvoir, n’y a-t-il pas contradiction ?

R : La question m’a souvent été posée. Le reproche m’a souvent été fait. Les réchins y ont vu le dévoiement d’un intellectuel, le ralliement opportuniste à un pouvoir qui récompense grassement l’allégeance. Les moins revêches ont évoqué la réduction au silence d’un homme plus utile aux burlingues qu’à la maison d’arrêt. Dans les deux cas, c’est l’éminence grise qui est au service d’une autorité impopulaire. Mais les gens, en me posant cette question, auraient pu me demander comment un écrivain, critique d’art, critique littéraire, amis des artistes, qui a anciennement travaillé pour l’administration culturelle de l’institut français a-t-il accepté de travailler pour le département de la Culture et des Arts du cabinet du chef de l’État. Ils trouveraient une possible cohérence.

Tu peux souffler !

Mais avant qu’on se quitte, y a-t-il des clichés que les gens ont à propos des métiers du livre ?

R : Les écrivains sont intelligents, coincés, rêveurs, de beaux parleurs, pauvres, mettent des lunettes, ne se peignent pas les cheveux et toute la lyre. On peut être écrivain et con comme une bite – surtout quand on n’écrit pas ses livres. Un écrivain guindé n’est pas un cul cousu. Ce qui s’apparente à la rêverie est peut-être une application attentive aux menus détails de la vie. Un écrivain qui parle beau peut être une mocheté. C’est bizarre, mais on peut se passer des lunettes. Je me permets une synecdoque pour la fin : je ne me peigne pas les cheveux. Ça me donne un air faussement négligé.

Une anecdote ? On veut bien ! (Emoji : clin d’œil)

R : Mon addiction : branler le mammouth. C’est, entre autres, pourquoi mes poèmes parlent beaucoup de l’ennui. 😜

Merci de m’avoir répondu.

R : C’est moi.

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Benja Merline

J'étudie le droit international. Je suis éclectique et très éclatée. Je vomis ici mes opinions, à cœur ouvert. C'est un vrai Méli-mélo.

7 réflexions sur « « Un jour, je vous parlerai d’Émeraude Kouka » : Promesse tenue ! »

  1. Belle discussion, découverte pour moi… Après avoir lu “erratique” j’ai compris que j’allais vraiment avoir besoin de mon dictionnaire 😅

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